Remarquable article, intelligent et argumenté. Si ce n’est qu’il occulte une part importante sinon prépondérante du "débat" politique américain. Nos cousins du Nouveau Continent ont ceci de particulier qu’il ont totalement dollarisé leur vie politique. La campagne des primaire est avant tout une chasse aux moyens de mener plus avant sa bataille politique. Abandonnant le finacement public, Obama faisait aveu de sa soif de moyens pour tenter d’écraser un adversaire partant, en cette matière, gagnant.
On conçoit mal les démocrates, malgré quelques têtes d’affiche flamboyantes, rivaliser avec les républicains dans la chasse aux dollars. Or, comme le disait en substance M. Le Lay, il s’agit pour les TV de vendre des cerveaux disponibles aux annonceurs. Appliquer ce terrifiant message à la politique mène tout droit à une extrême droite rampante dont les slogans faciles s’imposeront au plus grand nombre.
M. Obama, pour contrer ce message, n’aura de cesse d’user des mêmes armes. Car, aux Etats-Unis comme dans la plupart des "démocraties" occidentales la communication a supplanté l’information. Comme la nomme très justement l’ex-journaliste et professeur à l’Université Libre de Bruxelles, Jean-Jacques Jespers, voici le temps de l’"émocratie". Jouant sur la corde de l’émotion, elle occulte la réflexion. Voyez, près de nous et toute récemment, les pages noircies, les dépêches prononcées, les images exhumées du crime du petit Gregory.
La volte-face de M. Obama relative à la guerre irakienne relève totalement de cette émocratie. Et dévalorise d’autant son auteur pourtant condidat à la direction de la première sinon unique puissance mondiale. Si, pour être élu, le candidat démocrate se prête à de telles manoeuvres de bas étage, il y a tout lieu de craindre que sa complaisante couardise le transforme en marionnette de ses bailleurs de fonds.