@ Olga
Oui il s’agit bien d’Aristippe de Cyrène, le philosophe du « plaisir en mouvement »... Et merci pour le reste (je veux bien de vous dans mon fan club... )
@ Onegus
Tu dis : « Je crois que le parallèle avec Siné est sans objet, tant ses propos ne peuvent prêter à aucune confusion, si ce n’est dans quelques esprits clairement malhonnêtes » ; et pourtant ils sont nombreux à lui tomber dessus, et à ne voir aucune ambiguïté dans ses propos, selon eux, clairement antisémites. Derniers exemples : Philippe Cohen sur Marianne2 parle d’incontestables relents antisémites, et Olivia Cattan dans les Grandes Gueules de RMC parle, elle, d’acte criminel de la part de Siné... Celui-ci était invité sur RMC et a parlé justement de la « mauvaise foi » de ceux qui l’attaquent (l’accusation d’antisémitisme serait selon lui un prétexte pour masquer la vraie cause de son renvoi de Charlie : son opposition à Val dans l’affaire Clearstream-Denis Robert). L’un des intervenants au débat, Karim Zéribi, a souligné le deux poids deux mesures, en faisant référence aux propos de Siné sur les musulmans : « soit on n’accepte rien, soit on accepte tout ».
Quant à Dieudonné, il est de nouveau accusé de « friser l’antisémitisme » (par Rue 89) avec son nouveau sketch sur le parrainage de Le Pen, où il justifie (ironiquement ?) cet acte par un besoin de pub. Voici le passage incriminé : « J’avais pas les moyens de faire autre chose. Vous savez combien ça coûte une campagne de promotion sur TF1 ? (...) Au début, j’ai pensé à une fausse agression. Je me suis dit : je vais me faire taper à coups de barre à mine dans XIXe. C’est vrai que c’est assez efficace. Mais j’ai un pote qui m’a dit laisse tomber. Faut être juif pour ça. » Est-ce de l’antisémitisme ? ou la dénonciation de la judéomanie ? ou un peu des deux ?
Il est probable, en tout cas, que la judéomanie favorise (par retour de boomerang) l’antisémitisme, chez des individus frustrés de ne pas voir les malheurs de leur « communauté » reconnus avec une certaine équité. Si cette donnée était prise en compte, et amenait des changements de comportements dans les médias, Dieudonné n’aurait plus aucune raison de dire ce qu’il a encore dit dans son dernier sketch... et qui peut, on doit le comprendre, gêner certaines personnes.
Le problème dans ces histoires, c’est que personne n’a tout à fait raison ou tout à fait tort : la judéomanie existe sans doute, elle se comprend d’ailleurs très bien compte tenu du drame (unique en son genre et encore relativement récent) de la Shoah ; mais on comprend aussi les réactions nécessairement hostiles de ceux qui se sentent défavorisés dans le traitement de leur mémoire (ou des drames et faits divers actuels), comme un Dieudonné qui constate (et il a raison) que le Code Noir n’est pas enseigné à l’école (ou quasiment pas), et que les agressions dont il a été victime n’ont pas suscité un grand émoi.
Avec un peu de sagesse de tous les côtés, ces tensions primaires seraient bien vite réglées.
Pour revenir au sketch de Dieudo, ce qui est terrible, c’est qu’il arrive à nous faire marrer de tout, et l’on peut parfois se demander si notre rire n’est pas un peu « coupable »... Difficile de ne pas exploser de rire quand il évoque son coup de fil à « Jean-Ma » en train de torturer un chat dans son jardin...