Il faut reconnaitre qu’à côté du duo omniprésent Sarkozy-Royal, le Bayrou nouveau est sans doute l’élément le plus intéressant qui pimente cette élection présidentielle.
Non pas que l’homme en lui-même soit nouveau dans le paysage politique, mais son discours, ses propositions, sont susceptibles d’apporter un air un peu plus frais au débat politique.
Pour moi, l’intérêt principal d’une élection de François Bayrou à la présidence de la république, hypothèse encore très improbable, ne réside pas dans son programme, qui pourtant n’est pas inintéressant. Il est lié au remplacement des principaux rouages de l’Etat par des personalités compétentes qui ne manquerait pas de résulter de cette élection : François Bayrou, contrairement aux autres candidats majeurs, n’a qu’un nombre très restreint d’« amis » à placer. Ce simple exploit, nommer des personnes compétentes, hors étiquette politique, aux responsabilités, suffirait presque à mon bonheur...
Sur le fonds de son analyse sur la crise démocratique, qu’il qualifie de pre-révolutionnaire, je pense qu’il n’a pas tout à fait tort non plus ; le décalage actuel entre pouvoir et gouvernés rend la situation dangereuse, même s’il faut souligner les circuits parallèles de discussion (associations, net etc..) qui constituent heureusement des lieux de débat pouvant servir de soupape de sécurité.
Homme de conviction comme le souligne arthur, je serais moins pessimiste sur sa capacité d’action, que je pense renforcée par une volonté tenace de trouver des solutions à la crise. Mes doutes sont plus sur ses capacités à entraîner une adhésion des électeurs autour d’un projet, alors que les élections précédentes ont montré que leur décision était surtout basée sur des motivations émotionnelles. François Bayrou a su poser le doigt sur les problèmes et démontrer une « stature » qu’on ne lui connaissait pas. Reste à montrer qu’il peut, va, pouvoir changer la société dans un sens positif. Il faut aussi faire rêver pour être élu...