Philbrasov,
Ce que vous dites de la Russie montre que vous n’en connaissez rien et que vous pensez par lieux-communs, très communs.
Toute la politique économique de Poutine depuis 2002 ( quand il a pu s’extraire du pouvoir des oligarques qui règnaient en maitres sous Eltsine) consiste à réaffecter les revenus du pétrole et du gaz vers les autres secteurs de l’économie. Le fond de stabilisation destiné à se prémunir d’une chute des cours ( qui montre son utilité actuellement) a été divisé en deux, un quart étant affectée au "bien-être national" ( programmes de logements, d’éducation et de sécurité sociale) et un quart à soutenir l’initiative économique et en particulier les technologies de pointe (le but étant de devenir un des leaders mondiaux en 2020) par des participations publiques à des initiatives privées.
Dire que la Russie est restée communiste est plus que grotesque. La politique macro-économique est keynésienne ( ou gaulliste) avec un secteur public fort qui tire et oriente l’économie majoritairement privée. Il est vrai que la politique de De Gaulle pourrait être qualifiée par des intégristes de l’ultra-libéralisme comme communiste, de même que le plan européen de sauvetage des banques.
L’affirmation par l’auteur de l’article que Medvedev va démissionner en 2009 pour laisser la place à Poutine est aussi stupide que la certitude qu’avaient tous les médias français "sérieux" que Poutine ferait modifier la Constitution pour pouvoir se représenter en 2008. Un conseil : Ne pas croire aveuglément tout ce qui est écrit dans la presse russe.
Le but de la réforme constitutionnelle est principalement de découpler l’élection présendentielle des élections législatives ( par des durées différentes) pour renforcer le rôle du parlement ( On voit qu’en France l’alignement de la durée du mandat présidentiel sur le mandat parlementaire renforce le pouvoir présidentiel). Il n’est nullement nécessaire que Medvedev démissionne pour enclencher le processus et on peut parier qu’il se représentera dans quatre ans.
Rendez-vous dans un an et dans quatre ans.
Et comme dit le proverbe russe : Les chiens aboient , les troïkas passent.