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Commentaire de easy

sur « Je veux ! » Les racines anthropologiques des crises expliquées aux nuls


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easy easy 7 décembre 2008 20:19

Idaho,

En prenant l’exemple d’Eve, tu choisis un cas bien particulier

Selon la tradition greco-romaine-judéo-chrétienne, c’est toujours un tiers qui pousse tel personnage à telle faute et même à tomber amoureux de quelqu’un.
Jamais personne n’est entièrement responsable de ses choix, de ses égarrements, pas même Hercule, pas même Ulysse, pas même Thésée.
Outre les interventions de tiers manipulateurs (des Dieux souvent), on a également droit à des inversions totales de responsabilité. On voit ainsi le cas d’un Loth qui aurait été ennivré et abusé par ses deux filles. Et il ne se serait aperçu de rien Whahhhiiiii !
Il y a aussi le cas très mystérieux de la malédiction de Cham
C’est assez énorme comme différence avec la conception que nous avons aujourd’hui de ce qui préside à nos choix, à nos actions à notre psychologie, à nos sentiments. De nos jours, le seul "tiers" admis et reconnu qui préside ou cogouverne à notre conscience c’est notre inconscient. Mais il nous est propre et intrinsèque.
Le principe du tiers manipulateur, du Serpent donc, ne peut plus être retenu de nos jours, en tous cas pas en Justice ou alors subsidiairement seulement..

Même sans le Serpent, la question du sésir entre Eve et Adam reste spéciale et toujours plus complexe que dans le cas général du désir de deux enfants pour un même objet
C’est que dans le cas des enfants, aucun d’eux n’a intérêt à ce que l’autre résolve son désir. Ca ne gêne pas chaque enfant que l’autre désire comme lui un certain objet, au contraire même, mais il n’est pas question que cet cet autre parvienne à posséder l’objet catalyseur.

Différente est la question du désir sexuel. C’est le plus spécial des désirs car c’est un plaisir qui doit se partager l’autre (avec toutes les formules hyper spéciales qu’un tel impératif induit forcément)

Le désir sexuel nécessitant que les deux protagonistes s’entendent pour une résolution commune pourrait même être si spécial qu’il serait au fond impossible.
Si ça se trouve, Eve et Adam, tous seuls sur Terre, n’éprouveraient pas de désir l’un pour l’autre mais uniquement du désir pour un autre objet tiers, en rivalisant pour l’obtenir.
C’est sans doute pour cela que selon la Bible Eve et Adam ne sont jamais vraiment seuls en ce Paradis. C’est sans doute pour susciter un véritable désir entre eux et non pour l’interdire, qu’interviennent d’autres personnages dont Dieu et le Serpent. Ils sont là pour créer une relation triangulaire, nucleus du réseau.

Concernant le désir sexuel, le mécanisme serait que tel homme désire telle femme seulement parce qu’elle serait (selon lui) désirée par les autres hommes ou en tous cas par au moins un autre homme quelque part. Et pareillement pour la femme. Elle ne désirerait pas cet homme pris isolément mais seulement parce qu’il est possiblement ou réellement désiré par d’autres femmes.


Adam et Eve ayant vu le Serpent les désirer tous deux, c’est par rivalité commune contre le Serpent séducteur, qu’ils en sont venus à se désirer mutuellement.
Et il est intéressant de se demander pourquoi les scribateurs des Testaments ont eu l’idée de nous présenter le début du désir avec cette situation à trio minimaliste alors que jamais une telle situation ne s’est produite ; Mon impression est qu’ils se sont exercés à théoriser, comme nous le faisons ici, sur la formation et les ressorts du désir






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