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Approche Rationaliste de la Destinée
Beaucoup de gens peuvent reprocher aux musulmans d’être fatalistes ou défaitistes lorsque ces derniers évoquent la notion de Destinée, et disent parfois Inchalah. Ces premiers, quelles que soient leurs croyances personnelles, ont-ils raison d’édifier un tel à priori ?!
Penchons nous tout d’abord sur la notion de simulation et sur le mode de fonctionnement des simulateurs, pour tenter de comprendre ce qu’est la destinée.
La simulation est une approche statistique et analytique utilisée dans divers domaines de l’étude scientifique, tels la démographie animale, bactériologique ou humaine, tels la chimie, la physique et l’architecture (à titre d’exemple : pour étudier la formation de cristaux qui à l’échelle de la nature peut se réaliser selon des laps de temps et sous des conditions géologiques difficiles à approcher ou à imiter // pour étudier la réaction de machines ou de composantes dans des conditions de fonctionnement ou face à des facteurs endogènes ou exogènes assez divers // pour étudier la résistance de matériaux ou d’édifices architecturaux). Les champs d’application de la simulation sont indénombrables (balistique, astronomie, aérodynamique, hydraulique, biologie moléculaire, pharmacie, BTP, domotique, météorologie …..).
La simulation a pu être possible grâce au développement de l’informatique, et grâce à la statistique et à la possibilité de modélisation. Elle se passe à travers différentes phases :
- l’échantillonnage : identification claire et précise de la population à étudier, et de ses caractéristiques ;
- l’analyse : identification assez large des paramètres qui peuvent déterminer et influencer l’évolution et le comportement des membres de l’échantillon ;
- la modélisation et le paramétrage : créer un système informatique dans lequel est introduite la population visée par l’étude, qui tient compte des différents paramètres définis dans l’étape 2 ;
- le lancement (instant T0) : la population P est alors soumise à l’influence des facteurs qui constituent son environnement ;
- le moulinage : certains systèmes peuvent tourner juste quelques secondes, d’autres peuvent tourner durant plusieurs jours, ou maintenus en fonctionnement continu ;
- le recensement : le système peut être arrêté ou bien rester en marche, des informations sur l’état de la population peuvent alors être relevées en un instant Tn ;
- l’étude du résultat : l’évolution de la population P est alors comparée entre l’instant T0 et Tn.
L’idée maîtresse est de soumettre des individus connus (ceux de la population) à des conditions connues dans un milieu et un climat connus, et d’apprécier un résultat qui pragmatiquement pourrait être prédis mathématiquement grâce à une statistique probabiliste. Si vous vous intéressez à l’état de la météo le soir pour connaître le temps des jours à venir, sachez que c’est ainsi que cela fonctionne.
Revenons à la notion de Destinée. Pour les athées, supposons qu’il y ait un Dieu Créateur de l’Univers. La majesté de l’univers ne peut toute être cernée dans son ensemble. En supposant ainsi qu’il y ait un créateur, on suppose par défaut alors qu’il s’agisse là d’une entité d’une majesté encore plus grande que celle de l’univers complexe qu’Il a créé.
Or, si nous humains, infimes membres de l’univers, sommes-nous parvenus - grâce à notre intelligence - à créer des simulateurs prédisant la météo et autres phénomènes physiques, en nous nous appuyant sur de puissants ordinateurs, ayant des vitesses de calcul qui se chiffrent en quelques mégahertz, par combien pourrions nous apprécier l’intelligence d’un supposé créateur de l’univers, et apprécier sa vitesse de calcul ?!
Certes, elles seraient indéchiffrables, illimitées, au-delà des notions mêmes de l’infini que l’homme peut - avec son cerveau de 1400 grammes - cerner à travers ses propres notions humaines de calcul !!!
Continuons ce raisonnement.
Si ce supposé Dieu a été celui qui aurait défini les grandes lois universelles qui régissent le cosmos ainsi que ses composantes, à l’échelle macroscopique et microscopique, pour ne pas dire tout « simplement » atomique, il serait à même, par sa majesté, à l’instant T0, avant la création de l’univers elle-même, de définir l’état d’un individu (atome, ensemble de molécules, être vivant ou inerte, masse minérale, planète, galaxie…) voire de l’ensemble de la population (l’univers), dans un instant futur Tn (n étant illimité), et ce « simplement » grâce à son intelligence et à sa vitesse de calcul infinies, qui dépasseraient dérisoirement les puissances de quelconque simulateur que l’homme pourrait imaginer.
Finalement, en supposant qu’un Dieu existe, nous devrions accepter la notion de Destinée sans pour autant être fatalistes. L’homme crée son destin, quoique son destin ait été d’avance dicté, avant le jour même où l’univers exista, puisque Dieu dicta les lois qui devaient régir et qui régissent encore l’univers.
Ceux qui observent l’univers savent que le chaos n’existe pas. Le hasard non plus n’a jamais lieu. Tout ce qui se déroule dans l’univers, tout ce qui touche à la vie personnelle de chaque Homme, de chaque particule, de chaque molécule, de chaque atome, n’est qu’une histoire de collisions, non pas de circonstances hasardeuses, mais une histoire de collision de faits et d’événements physico-chimiques et des forces fondamentales de l’univers. Ainsi était mon approche rationaliste de la destinée.
Glisser dans sa douche sur un morceau de savon n’est qu’une question de collusions. Collusions physico-chimiques qui ramenèrent le bout de savon dans un coin précis de la baignoire ; collusions physico-chimiques qui ramenèrent aussi au niveau des synapses de notre cerveau notre esprit à être plus distrait et les muscles de notre corps à être moins alertes. Le mouvement et la rencontre du pied et du bout de savon en un lieu donné en un moment donné ne sont qu’une histoire de collusions physico-chimiques en définitive. Voilà un exemple peu signifiant de ce qu’est la destinée.
Paradisial