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Commentaire de MarcDS

sur La refondation social-démocrate et l'écologie (II)


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MarcDS MarcDS 24 janvier 2009 23:45

Les états interviennent massivement dans la crise financière, formidable. On voit mal comment ils pourraient faire autrement, en tout cas en démocratie. Car l’alternative était de laisser le système s’écrouler, ce qu’auraient d’ailleurs voulu les disciples de Friedman qui voient là une formidable occasion de reconstruire un monde sur un tas de ruines, mais qu’aucun politicien soucieux de se faire réélire ne peut laisser faire. Ceci posé, la question est : et après ? Ces interventions massives impliquent-elles la nationalisation des banques sauvées ? Le principe de la finance spéculative est-il remis en cause ? Le FMI plaide-t-il pour la suppression des paradis fiscaux, rouage essentiel de cette finance prédatrice ?

En évacuant ces questions vous pointez exactement ce qui nous divise. Vous prétendez pouvoir proposer des solutions mécaniques au réchauffement climatique sans remettre en cause la société de consommation, tout comme vous estimez que l’intervention massive des états suffit à résoudre la crise ; j’estime au contraire que toute solution appliquée dans ce cadre ne sera jamais qu’un emplâtre sur une jambe de bois, la racine du mal étant systémique. La société de consommation pousse à consommer, par définition, et ne peut fonctionner en-dehors d’une croissance matérielle continue. Dans ce cadre, toute tentative de réduction de la demande énergétique ne peut être que marginalisée au lieu de former le pivot d’une société frugale.

Votre conception du nucléaire est aberrante. Comme toujours, cette technologie est mise en avant comme une solution incontournable et ce faisant, elle prend la place de ce qui devrait être la question prioritaire : comment poser aujourd’hui les jalons d’une nouvelle société, suffisamment sobre pour arrêter de détruire le capital santé de la planète tout en donnant à tous la possibilité de vivre décemment ? Ce n’est qu’une fois fixé ce nouveau cadre que les solutions technologiques pourront être discutées, et ceci est valable aussi bien pour l’éolien que pour le nucléaire. 
Je remarque que vous évitez soigneusement de dire comment la France pourra solutionner la crise énergétique sans entraîner les autres pays dans une nucléarisation radicale, qui serait en complète opposition avec l’idée de sortir "un jour" du nucléaire. Etes-vous naïf au point de penser que toutes ces centrales au coût pharamineux ne vont pas imposer une société nucléaire pour longtemps, au nom de la rentabilisation des investissements ? Et le démantèlement de toutes ces centrales, qui sera une source de déchets nucléaires bien plus importante que ce qui est causé par leur exploitation, vous vous apprêtez à le léguer en héritage aux générations futures ?

Je passe sur votre allusion à l’éclairage à la bougie. Navrant. Quant à mes soi-disants pré-supposés issus du passé, ils existent uniquement dans votre imagination. N’étant pas français, je ne suis pas suffisamment impliqué émotionnellement pour être poussé à attaquer le PS en tant que parti. Je réagis surtout à un mode de pensée conformiste, englué dans la logique de marché et qui ne répond plus aux défis qui s’annoncent. Arrêtez donc de vous épuiser dans une fuite en avant qui ne pourra profiter qu’à une infime minorité d’ultra-favorisés. Les limites des capacités et des ressources de la Terre sont atteintes et nous imposeront demain de faire le choix entre la société de consommation et la démocratie.


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