@Paul Villach
En effet. Un François Pinault, par exemple, dont la collection (le terme "stock" serait sans doute mieux approprié) est constituée de quelques milliers de toiles d’"art moderne" et "contemporain", verrait d’un mauvais oeil l’effondrement de Picasso, lequel ne manquerait pas d’entraîner derrière lui l’effondrement du marché. Mais Mr Pinault est un homme d’affaire prévoyant , il a sa forteresse : la salle des ventes Christie’s où se fabrique et se soutient les cotes pour les artistes contemporains.
Dans le même ordre d’idées, l’affaire Romulo Antonio Ténès est édifiante. Voilà un homme qui accuse ouvertement Picasso de s’être attribué frauduleusement la création d’un grand nombre d’oeuvres figuratives peintes par d’autres (notamment des peintures de son propre père) pour faire croire à la précocité de son génie, qui publie dans un livre référencé des expertises démontrant les falsifications, qui accuse dans la foulée les ayant-droits de complicité, qui met en cause de hauts responsables culturelles tant en Espagne qu’en France, qui saisit la cours européenne de justice. Dans tout ce beau monde interpellé directement ou indirectement, traîné dans la boue sur le site de Ténès depuis quatre ans, personne ne réagit ; chacun, faisant preuve d’une mansuétude extraordinaire devant ces diffamations, garde un silence stoïque. Les médias, généralement si friands de ce genre de révélations, se tiennent tout aussi cois (hormis le Washington Post et le Herald Tribune en 2005), aucun ne mène l’enquête, ne cherche à vérifier les expertises commandées par Ténès, ne cherche à savoir s’il est un farfelu ou si, au contraire, son dossier tient la route ! On a rarement vu une telle apathie de la part de la Presse ...