@ c florian
Ce qui amusant avec votre façon de vous exprimer, c’est que vous dites exactement la même chose que moi, mais en l’appliquant à votre environnement... et moi au mien. Mais le mien, semble un peu plus élargi que le votre. Votre génération doit fabriquer le monde dans lequel elle compte vivre durant les cinquante prochaines années. Ce n’est plus mon cas. La vie m’a appris que les utopies fonctionnent mieux au plan personnel qu’au plan collectif. Notre époque se paie de mots et dérive complètement entre plusieurs mirages qui se fondent les uns aux autres : mirage de la liberté totale, mirage de la consommation, mirage de la communication, mirage du tribalisme, mirage du nomadisme, et par là même mirage du mouvement.
Vous dites : « ce qui m’inquiète et qui inquiète beaucoup de monde autour de moi, ce n’est pas que les extrémistes soient extrémistes, c’est que les centristes le deviennent. Si pour s’opposer aux terroristes, nous devions renoncer à nos valeurs (liberté, droits de l’homme), que nous reste t il ? » Aujourd’hui le problème ne se pose de cette façon que si nous partons du principe que ces valeurs sont contestables. Ce sont les vingt ans de perdues sur la question du voile à l’école que nous commençons tout juste à digérer, mais qui ont fait un grand tort à l’appartenance républicaine : voir ce qui se passe dans les hôpitaux, les maternités, les piscines, etc... La cassure est évidente. Et plus on tente de la masquer plus elle s’élargit car ce que vous octroyez aux uns pour avoir la paix vous sera toujours reproché par les autres qui se trouvent confrontés eux aussi à des diffcultés et ne se voient pas traités avec les mêmes « égards ».
Patrick Adam