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Commentaire de nevenael

sur « Nu couché avec un chat » de Picasso : un humour un peu gras ?


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nevenael nevenael 1er mars 2009 11:15

 Génial ! cher Paul Villach, je découvre des mois et des mois après la bataille l’échange passionné que votre article nous a valu. Je découvre que des gens qui de toute évidence ne sont plus des adolescents, des gens qui n’ont certainement pas chez eux de Picasso ni la moindre toile de ses « maîtres », des gens dont je devine qu’il ne s’agit pas de professionnels, critiques ou marchands d’art (leur prose ne serait pas la même, et ils ne passeraient pas tant de temps sur Agoravox), sont capables de s’enflammer, de s’injurier (entre gens bien élevés), d’écrire de telles tartines (auxquelles il faut ajouter les recherches et les liens qui vont avec plusieurs d’entre elles) pour un sujet qui matériellement, socialement, professionnellement (c’est du moins ce que je crois discerner) ne les concerne pas. L’art est bien vivant, et pas seulement dans les ventes fabuleuses où se battent à coups de millions d’euros les acheteurs indiens, russes, chinois ou américains.

 Quant à Picasso, je n’ai pas voulu aller voir la fameuse exposition, à la grande surprise (presque horrifiée) de mon entourage, mais quand j’ai demandé à ceux qui en revenaient extatiques ce qu’ils avaient aimé, ils ont tous répondu : les tableaux des « maîtres ».
 Pour ma part j’ai compris sa haine, il y a bien des années, devant les tableaux d’une autre exposition consacrée à ses portraits (1996 !), en le voyant s’acharner sur les femmes, tel un pervers tueur en série, jusqu’à ce qu’on ne les reconnaisse plus (les toiles étaient souvent accompagnées de commentaires du type : « On pense que c’est une telle… »). Qu’il exhibe ses fantasmes, tels que les résume très bien (et succinctement) « Pierre Gangloff » (« Alors quoi, c’est donc la représentation d’une femme tableau, lignes puissantes, féminité envahissante, la mère, la putain, c’est tout cela qui vous fait peur ? Vous préférez l’ambiguïté libidineuse à cette confrontation sans fard ? »), libre à lui. Par parenthèse, il y a, pour les amateurs, des confrontations encore moins fardées dans les photos projetées lors de certains procès. Mais on n’est pas obligé d’aimer l’expression de sa haine des femmes ou des maîtres qu’il savait ne jamais pouvoir égaler. Cela dit, c’est intéressant pour l’histoire de l’art et la réflexion sur les processus de création.
 Au reste j’apprécie l’humour de Picasso, ses « sculptures » de récupération, ses dessins géniaux, son sublime autoportrait sur fond bleu de 1901, peint quand il n’avait même pas vingt ans.
 Mais transgresser pour transgresser, et non pour ouvrir au spectateur une autre dimension, lui faire voir un autre monde (mon dada à moi, c’est Proust), c’est un peu limité et nul besoin de revenir sur les débordements signalés au fil des commentaires sur votre article.
 Cher Paul Villach, le temps écoulé me permet aussi de conclure sur cette remarque trouvée dans la presse et dont je n’ai pas besoin de préciser le contexte : « Déception en revanche pour un Picasso cubiste, « Instruments de Musique sur un Guéridon », la pièce estimée la plus chère n’a pas trouvé preneur, la plus haute enchère de 21 millions d’euros restant en deçà du prix minimum fixé. »

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