A propos de l’Arène de France et de l’émission « Peut-on critiquer les religions ? »
LIBERTE D’EXPRESSION OU IMPRESSION DE LIBERTE
Tristan Bernard ayant affirmé que « le meilleur moyen de résister à la tentation était d’y succomber », je n« hésite pas un instant à succomber. J’ai en effet, depuis que j’ai vu un soi-disant débat dénommé »L’Arêne de France« , la tentation d’intervenir, tant les interlocuteurs du dit-débat m’ont paru à cours d’arguments et de réflexions. Le sujet en était : »Peut-on critiquer les religions ?"... A l’évidence, dans cette Arêne, une mise à mort était programmée... Sous prétexte de liberté d’expression, on pouvait tout faire ou presque et les tenants de la liberté d’expression sans retenue aucune y allaient de bon coeur.
On pouvait prendre la réflexion ainsi
Du côté de la liberté, de son sens... Pour les uns la liberté est à l’évidence un privilège qui autorise tout, tous les choix possibles, même celui de choisir le tabac au risque du cancer ou le choix de l’alcool au risque d’une sirose... Bref on peut choisir le mal ou de faire mal avec leur liberté... Ils font de leur liberté un privilège qui leur serait accordé à eux (mais pas nécessairement aux autres... à leurs opposants) et non une épreuve... Car il est en effet éprouvant de choisir de ne pas fumer, mais au bout du compte un regain de santé vous est offert... Et il est tout aussi éprouvant de ne pas blesser l’autre : cela suppose une sacrée dose d’humanité et de tolérance... Et s’il est vrai que l’on peut tout critiquer quand il s’agit de faire gagner en humanité son interlocuteur, à coup sûr dans la manière de lui exprimer un désaccord, il y aura aussi une forme d’humanité, par exemple la délicatesse et le respect qui l’inciteront à entamer une démarche plus humaine. Mais dénigrer pour dénigrer relève de la Loi du Talion (« oeil pour oeil, dent pour dent ») ; rien d’étonnant dès lors que l’autre rue dans les bracards ou que sa vindicte veuille s’exprimer. Avec le « Tu me frappes, je te frappe ! », on n’en finit pas de se frapper.
Et s’il est vrai que la liberté est un bien, la question à débattre est celle-ci : la liberté m’autorise-t-elle à faire le choix du mal, au risque de se fourvoyer elle-même... m’autorise-t-elle à faire mal ? La liberté est de fait une épreuve et elle ne devient privilège que parce qu’elle est une épreuve... sinon le reste du temps l’on demeure prisonnier, esclave de ses humeurs, de ses rancoeurs etc... Il y a déjà beaucoup à faire pour se libérer de soi-même.
Quant à la « liberté d’expression », que doit-elle exprimer ? Ce qui la rend libre, c’est sa capacité en humanité, et uniquement... avec ce que l’humanité exige de respect mutuel déjà.
On pourrait poursuivre ! Mais permettez que j’extrapole une phrase de Talleyrant qui disait : « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose... » J’affirme : « Critiquez, critiquez, il en restera toujours quelque chose »... Mais je ne sais à qui cela rapporte... à moins que...