Dans votre culture, sociologiquement bien définie entre gens de conditions sociales équivalentes, votre raisonnement est correct. Le problème, c’est que les Français n’ont pas les moyens de « jouer ». La majorité ne dispose pas de la mise en question :
« alors que seulement 1200 euros ont été échangés »
1200€ = un SMIC Brut soit 22*7H = 154H de temps de travail légal mensuel sur la base des 35H et d’un mois comptable de 30 jours (avec 8 jours fériés). [combien gagnez-vous pour le même nombre d’heures ?]
Si on n’en débourse que 10% pour payer effectivement, c’est encore 120€. 120€ qui représentent 12€ du SMIC Net ( 1000€). C’est trop dans un contexte où en moyenne un salarié dépensera 40% de son revenu mensuel dans le loyer, 30% pour manger et le reste pour payer les charges diverses.
Avec des revenus plus élevés, le problème ne change pas de manière significative car on a des charges proportionnelles aux revenus. S’il y a des enfants, çà peut même diminuer le solde mensuel disponible.
Ensuite, le niveau de rémunération annuel par action (les dividendes) est si faible que les opérations d’achat/vente ne sont intéressantes que sur des grandes quantités. Ce qui démultiplie le problème.
Enfin aux Etats-Unis et contrairement à ce que vous laissez croire, la population est confrontée au même problème, elle n’a pas les moyens de participer à ce mouvement.
Il faut arrêter de produire des discours comme si tous les citoyens étaient placés dans une situation d’égalité économique.
L’écrasante majorité des citoyens dans le monde n’ont pas les moyens de participer.
*****************************************************
« Les plus ronchons d’entre nous argueront que l’essentiel de la création de valeur va à l’actionnaire (donc au capital), c’est vrai et faux. C’est vrai si les salariés ne s’intéressent pas à l’économie »
Le lien entre l’employeur et l’employé est un lien de subordination. Si les actionnaires ne veulent pas associer les salariés, c’est qu’ils veulent rester libre de décider de l’opportunité éventuelle d’une cession, d’une délocalisation, d’une modernisation, etc.
En s’associant aux salariés, il est évident que certaines options sont très limités voire fermées. La profitabilité en est alors affectée.
*****************************************************
« Une entreprise créant de la valeur est souvent fortement embaucheuse, a des marges de manoeuvre permettant d’augmenter les salaires, peut verser participation et intéressement aux bénéfices, délivre également plus-values, voire des dividendes à ses actionnaires salariés »
C’est une blague ? Parce que là, elle est mauvaise.
Les entreprises n’embauchent que si elles ne peuvent pas faire autrement. Et généralement soit à court terme sur des emplois peu qualifiés avec des contrats précaires, soit sur des postes de recherche pour préparer l’avenir.
Ce n’est pas pour rien qu’on voit maintenant, à l’oeil nu, l’érosion des classes moyennes, c’est-à-dire la réduction des emplois de niveaux intermédiaires.
Et quand je dis « peu qualifiés », il ne faut pas croire que les emplois sont occupés par des analphabètes ou des illetrés. Ils sont souvent occuppés par des gens qualifiés mais sous-employés qui ne sont que des prolétaires. Un prolétaire est quelqu’un qui n’a d’autre source de revenu que lui-même en tant que corps pensant.
Les augmentations n’ont lieu que pour retenir certains salariés vitaux qui pourraient être débauchés par la concurrence. Les autres augmentations sont souvent le fruit de la pression de l’environnement (Etats et/ou Syndicats).
est-il de l’intérêt des salariés de jouer le jeu ?
- > L’affaire ERON a démontré que non.
*****************************************************
Ce que prouve votre propos : c’est que si les français ne savent pas ce qu’il faut faire - c’est un fait - ils comprennent bien que l’ambiance « capitaliste » n’est pas la solution pour vivre mieux. Après la disparition du communisme, on peut espérer, celle du capitalisme.
Merci de ne plus nous servir le mot d’ordre des néo-libéraux : les français n’ont pas de culture économique.
Dites plutôt que les français ont une culture économique différente de la vôtre.
La solution pour sortir de ces débats stériles serait, à mon sens d’aller vers une société plus régulée par l’instance politique. Et pas une instance à « l’américaine ».