Au beau pays de Lèrbèpluvèrt ne vivaient que deux personnes : Laurel et Hardy.
En l’an 2000, Laurel (pauvre) n’a gagné que 100 Brouzoufs, mais Hardy (riche) a gagné 1000 Brouzoufs (le Brouzouf étant, vous l’aviez deviné, la monnaie officielle du beau pays de Lèrbèpluvèrt).
L’année suivante, Le business de Laurel (le pauvre) a bien fonctionné, il a doublé son salaire (200 Brousoufs au lieu de 100), alors que le salaire de Hardy (le riche) n’a augmenté que de 15% (et est donc passé à 1150 Brousoufs).
Mais voilà qu’un socialiste est arrivé, et il a mesuré l’écart des revenus au beau pays de Lèrbèpluvèrt entre l’an 2000 et 2001, et oh stupeur, l’écart entre riche et pauvre avait augmenté :
- en 2000 : riche - pauvre = 1000 - 100 = 900 Brouzoufs.
- en 2001 : riche - pauvre = 1150 - 200 = 950 Brouzoufs.
Moralité : L’augmentation de l’écart de revenus entre riches et pauvres n’implique pas nécessairement que “les riches sont plus riches et les pauvres plus pauvres” (ha ben merde alors).
On peut poursuivre comme suit :
Le beau pays de Lèrbèpluvèrt s’était fixé un seuil de pauvreté absolu : 10 brouzoufs par an. Ceux qui gagnaient moins que ce seuil absolu étaient considérés comme “pauvres".
en l’an 2000, Il y avait 3 habitants au beau pays de Lèrbèpluvèrt :
- Kevin, avec un revenu de 1 brouzouf par an.
- Joseline, avec un revenu de 9 brouzoufs par an.
- Jean-Edouard, avec un revenu de 25 brouzoufs par an (le gros salaud de riche).
L’année suivante (2001) est une bonne année pour les pauvres et une sale année pour les riches :
- Kevin a gagné 4 fois plus qu’en 2000 : 4 brouzoufs par an.
- Joseline a gagné 2 fois plus, avec cette fois un revenu de 18 brouzoufs par an, ce qui lui fait même quitter le status de pauvre.
- Jean-Edouard, lui, par contre (ce sale riche), voit son revenu baisser de 25 à 20 brouzoufs par an (bien fait, sale riche).
Et là, vous vous dites “Dans son exemple, c’est clair que les pauvres sont devenus plus riches et les riches plus pauvres. C’est flagrant, ces chiffes ne sont pas biaisables...”
Eeeeeet si : un socialiste passant au beau pays de Lèrbèpluvèrt s’écria “Mais regardons donc l’évolution du revenu moyen des pauvres de 2000 à 2001.
- En 2000, le revenu moyen des pauvres (Kevin et Joseline) était de (1+9)/2 = 5 brouzoufs par an. - En 2001, le revenu moyen des pauvres (Kevin uniquement cette fois-ci, car Joseline ne fait plus partie des “pauvres") était de 4/1 = 4 brouzoufs par an.
“Et oui” dit le socialiste, “chiffres à l’appui, vous voyez bien que de 2000 à 2001, le revenu moyen des pauvres a baissé de 5 à 4 brouzoufs par an, les pauvres sont donc devenus encore plus pauvres".
Moralité : il faut se méfier des comparaisons de moyennes (et des socialistes).