"ceux qui n’aiment pas les juifs."
Ceux là sont non pas un mythes, mais tellement peu nombreux que ça ne vaut probablement pas la peine d’en parler. Tout comme, d’ailleurs, ceux qui aiment les juifs.
Car la réalité crue que votre raisonnement occulte (comme d’autres que j’ai pu lire ou entendre ailleurs au demeurant) est que l’immense majorité des gens de ce pays s’en cognent royalement, des juifs... Votre erreure est bien humaine, vous avez un point de vue autocentré ; il me semble néanmoins que si l’on ne voyait régulièrements de juifs parler (bruyament pour certains, genre BHL) de "la question juive" (pléonasme ? :P ), le sujet n’en serait plus un, car enfin nous ne sommes plus en 39 de ce point de vue là. Il n’y a personne qui prépare un quelconque plan de spoliation, emprisonnement, meurtres des juifs français ; en fait on ne prévoit même pas de couper leur abonnement à télérama...
En outre, cette obsession pour la question de la popularité des juifs est agaçante tant elle est usée. J’en tire l’impression persistante que c’est une manière de ne pas traiter les questions dont tout un chacun a plutot quelque chose à foutre, pour le coup. Au nombre de celles-ci :
- pourquoi y a-t-il (beaucoup) plus de juifs que de femmes au gouvernement ? pourquoi notre presydent se montre-t-il aux diners du CRIF ? Pourquoi la moindre agression d’apparence antisémite (en générale, un pétard mouillé), fait elle pousser des "oh" et des "ah" à nos politiques et nos médias, alors que la même agression d’un non juif (le choix est large, n’importe lequel) y compris sur des critères raciaux, n’en fait aucun ?
Evidement d’aucuns trouveront ces questions vilaines et malvenues. Ce parcequ’ils imaginent, fébriles, le discours tortueux qui mènent aux chambres à gaz. Que simplement ce soient des questions qui s’imposent quand on se soucie de démocratie, de république et de souveraineté nationale, ne les effleure pas. Qu’y peut-on ? Probablement rien.
- pourquoi le CRIF se positionne-t-il explicitement en soutien d’Israël ? Doit on attendre des instances musulmanes qu’elles soutiennent en retour le Hamas ? Ou l’Iran, peut être ? Ou même à l’Arabie Saoudite, si le critère est la ville sainte ? Celà doit il être interprété comme une vision du CRIF, où tous les juifs français font allégeances à deux patries, de part leur religion ? Le cas échéant, celà est-il compatible avec l’idée que l’on se fait de la nation Française, laïque, républicaine et souveraine ?
- pourquoi tous les opposants aux dogmes des états occidentaux sont ils tôt ou tard accusé d’antisémitisme, y compris quand ils sont juifs, marié à des juives, ayant fait carrière sur scène avec un copain juif, ou ayant lutté contre l’antisémitisme ? N’est ce pas là une violence insupportablement injuste qui leur est fait compte tenu du passif du génocide juif ? N’est ce pas, un cran plus loin, un bien mauvais tour joués au juifs qui dirigent contre eux le ressentiment à cette injustice alors que la plupart d’entre eux n’en demandaient pas tant ?
Comme vous le voyez, pour moi l’important n’est pas d’être juif ou non juif. L’important est la manière dont ce débat est instrumentalisé et où il nous mène. Ceci bien compris il deviend alors possible pour chacun d’entendre que la question, l’unique, est de savoir si notre démocratie républicaine laïque est encore en état de marche.
Et tous les juifs, ou tous les gens ayant des origines juives comme moi-même, seront probablement aussi intéressés que les autres à cette question... tant qu’ils considèrent la France, et non Israël, comme leur patrie, s’entend.