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Commentaire de Job

sur Aidons le capitalisme, il en a besoin...


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Job (---.---.131.20) 1er novembre 2006 17:05

@ JDCh

Je ne connaissais pas les libertariens. Je les ai découverts à travers Agora Vox. Leurs positions ne sont pas très claires. Ils sont un peu de ceci, un peu de cela. Je crois qu’ils cherchent à moderniser le libéralisme classique. Pourquoi pas, un travail intellectuel, de qualité, est toujours en soi, une bonne chose pour tous. Çà donne à penser.

Je suis navré, mais mes plaisanteries recouvrent simplement une colère quant à la bêtise affichée de certains.

Et vous devriez, redresser au moins pour vous en tant que libéral, l’image que certains internautes ont du libéralisme car pour eux : libéralisme = pas d’Etat. Pour eux, c’est la possibilité de s’enrichir indéfiniment, de tout acheter (gens inclus). Par exemple, on achète des petites îles. On y installe les commodités les plus luxueuses. Et on jouit de la qualité de vie absolument. Pour ce faire, on recrute une milice, éventuellement armée, afin d’interdire l’accès aux autres non sélectionnés. Ou bien version plus « soft », de la même chose, on fait main basse sur une petite ville. On en prend le contrôle à travers les institutions locales. Et c’est la police elle-même qui fait le boulot en toute légitimité. Avec parfois le concours des autorités de compétences supérieures. De ce monde-là, je ne veux pas.

Les Etats n’ont pas toujours la mission heureuse, j’en conviens. Mais d’après moi, ce n’est pas un problème de « capitalisme », c’est un problème de Démocratie. Et contrairement, à ce qu’un « âne » a dit quelque part, c’est un problème non utopique. Nos sociétés fonctionnent de plus en plus mal justement parce que les citoyens sont par le jeu des procédures légales maintenues à bonne distance des fonctions électorales et décisionnelles. Nos sociétés sont des sociétés cooptatives. Rien d’autre.

Nos étudiants, s’en rendent compte. Il ne suffit pas d’avoir fait les bonnes études. Faut-il encore posséder familialement et/ou amicalement la culture et les entrées dans les bons réseaux. Sans compter, la nécessité d’un pécule capitalistique de départ. Vous le savez bien. Toutes choses qui excluent 90% de la population.

Il faut remarquer aussi, qu’en France, les groupes sociaux français qui fonctionnent le mieux sont organisés contre la République. Ils sont organisés de manière communautaire. Je pense à la communauté asiatique et à la communauté Juive. Il y en a d’autres : les protestants et les orthodoxes. Il ne faut pas croire que ce sont seulement les déterminations religieuses qui les unissent. C’est plus compliqué que çà. Ces groupes connaissent de fortes dissensions mais ils arrivent à trouver des points d’équilibre. Ce modèle n’est pas non plus la panacée.

« Sarbanes-Oxley »*(cf. en annexe la Loi dans ses grandes lignes) est une Loi nécessaire après les affaires destructrices qu’il y a eu. Mais nombre d’acteurs qui ont encore pignon sur Rue. Restent simplement hors de cause. Ils sont avertis de ne plus remettre çà. Enfin, le financement des institutions de contrôle n’est pas assuré. On aura donc d’autres scandales. Et d’autres interventions des Banques Centrales et des Etats pour résoudre les problèmes spéculatifs créés par les tenants de la tradition à laquelle vous êtes attachés.

En France, les dispositions d’association des travailleurs et des actionnaires sont dysfonctionnelles. Si l’idée de participation, bien que floue, soit tentante ; il faut admettre que la mise en œuvre est plutôt difficile du fait des contradictions engendrées par les relations entre fournisseurs de services (les salariés) et acheteurs de services (les actionnaires). Pour l’instant, les différents dispositifs qui existent (cf. le Conseil Supérieur de la Participation) tendent à faire travailler plus d’heures le salarié (augmentation de la productivité/stabilité de la masse salariale/augmentation directe des bénéfices d’exploitation et financiers), lui faire gagner peu d’argent (ce que je disais, il faut une grosse mise pour que ce soit rémunérateur malgré les frais), stabiliser partiellement le capital de l’entreprise contre des OPA étrangères, préparer les salariés à la réduction drastique de la retraite par répartition (surcoût pour les salariés qui finalement cotisent deux fois), fournir une masse financière interne à l’entreprise (10-20% de la masse salariale à un moment « t » précis) à placer et dont la rémunération est au profit de l’entreprise...avec un risque énorme : qu’une OPA hostile prenne le contrôle des technologies de l’entreprise ET de ces fonds ainsi constitués (Le tout est achetable par le biais des actions), sans compter que les salariés peuvent perdrent beaucoup d’argent entre deux variations sinusoïdales des cours sans que les gros actionnaires soient pénalisés, Et argument terrible cette stratégie d’association permet de stabiliser la croissance du taux de rémunération de la masse salariale, en clair : çà permet de « geler » les salaires. Sauf cas émis dans certains de mes commentaires : nécessité de surenchérir pour s’assurer les services de certains salariés très demandés et peu produit par le système de formation en place.

Résultat des mécanismes de répartition actuels : les salariés globalement s’appauvrissent. Et l’écart général des inégalités salariales se creuse.

Mieux vaut donc la bonne vieille prime d’intéressement. En attendant autre chose.

Il faut ajouter à cela, le fait que seules les grandes entreprises pratiquent véritablement cette stratégie d’association. Comme je le disais, le patronat, informé ou non des dispositifs, n’est pas volontaire pour s’aliéner, c’est-à-dire renoncer à son pouvoir. On veut pouvoir disposer à tout instant de toutes les commandes décisionnelles. C’est comme çà. Aux Psychosociologues de nous expliquer ce phénomène.

Mais là, je veux bien croire, eu égard à l’expérience affichée par vous, que les pratiques patronales US sont différentes. C’est fort possible. De ce que j’en sais de leur culture. Je pense que c’est le patronat français que vous devriez viser. Il est souvent « arriéré » dans ces conceptions. Et je n’en fais pas une généralité. Je sais que les autres sociétés développées ont d’autres pratiques. Là, il y a un point de difficulté franco-français. Et on ne peut pas demander aux salariés de résoudre un problème qui relève de la collectivité patronale française.

« SVP, ne caricaturez pas mon propos : je dis simplement que l’économie mondiale est capitaliste et que la France n’a d’autre choix que d’en comprendre les règles et jouer ses cartes au lieu de se lamenter et de partir perdante... en pensant qu’il existe une alternative égalitariste viable sans souci de créer de la valeur avant de la re-distribuer. »

Les caricatures sont là pour montrer le caractère imbécile de certains propos. Par vous induit, peut être bien sans le vouloir. La France est une République Libérale avant d’être Sociale. Les citoyens sont tendanciellement de droite, plutôt conservateurs que libéraux ou démocrates. C’est un fait. Et la dérive de la gauche modérée est là. Quant à la disqualification des forces de la gauche radicale, c’est aussi dans ce phénomène qu’on trouve une explication. L’économie mondiale est bien de type capitaliste. Nous souffrons des contradictions bien connues de ce type de pensée organisatrice. Contrairement à ce que tous disent, il n’y a pas d’instance politique suffisamment forte pour mettre un ordre en place avec des règles du jeu communes. Le seul organe international en état de marche est le Conseil de Sécurité. C’est très révélateur du degré d’incompétence de nos élites. Il faut se retrouver au bord de la Guerre pour discuter et trouver des solutions. Le reste du temps, on fait n’importe quoi.

Si la France est perdante à long terme dans cette partie, ce n’est pas la faute à l’Etat. De fait, ceux sont les projets étatiques, pensés du temps de De Gaulle et du Plan, qui nous font surnager. Comme nous sommes obligés de donner nos dernières technologies aux Chinois pour continuer à commercer, je suis peu optimiste. Le problème, c’est que nous n’avons pas d’industrie électronique sérieuse. Nous n’avons plus d’industrie informatique. Nous l’avions, elle est partie - comme vous, outre-atlantique. Et surtout bon nombre de nos petites entreprises de qualité ont été rachetées comme nos grandes entreprises par des groupes étrangers. De fait, contrairement aux USA et aux Chinois, nous n’avons pas su protéger nos valeurs économiques. Nous n’avons pas fait de veille économique. Le vrai problème est que notre Etat est trop libéral depuis trop longtemps. Il vient de réagir mais je pense que c’est fini. Nous avons raté des révolutions technologiques importantes et la structure sociale de notre pays ne permet pas à l’heure actuelle de tirer vers le haut les ressources humaines qui nous donneraient une vraie chance.

Je ne parle même pas de la xénophobie désormais publique et donc ambiante qui rebute les gens capables soit qu’il aient envie de partir, soit qu’ils ne viennent pas.

Selon moi, la mise ne place d’un vrai régime démocratique peut seul nous faire rebondir. En redonnant le moral à tous, en faisant participer chacun à la complexité de ce monde, en invitant chacun à donner le meilleur de lui-même, en sortant chacun de son ghetto idéologique par la confrontation avec le « différent ».

Quant à l’égalité, elle peut advenir par la reconnaissance sociale de chacun et par la possibilité de trouver les capitaux et les conseils pour se mettre éventuellement à son compte. C’est à l’Etat de créer cet environnement. Aujourd’hui, il n’y a rien du tout de sérieux. On doit pouvoir être capitalisé minimalement (7500€-10.000€) et sans autre obligation qu’en cas de réussite on cotise à un fond de financement public intitulé « créateur d’entreprise ». Les français me dégoûtent par leur tendance à mégoter en permanence. C’est çà qui nous empêche de réussir. Les gens que je connais de milieux sociaux modestes et moyens veulent presque tous être à « leur compte ». Beaucoup s’orientent vers la fonction publique par défaut et à regret. Quand certains ne s’en vont pas définitivement.

Le crédit s’investit dans le travail qui génère une valeur ajoutée, elle-même engendrant de nouveaux travaux, et ainsi de suite avec effets multiplicateurs. Ce que les libéraux ne comprennent pas c’est leur propre idéologie. Ce qui est vrai de vous, l’est aussi de bien d’autres. Si vous êtes capables, d’autres le sont. Vous n’êtes pas la dernière merveille du monde. C’est cela que je dis quand je dis « des cœurs secs ». Relisez les écrits des libéraux historiques. Pour eux, comme chez Kant, pour la Raison, l’individu est représentatif de son ensemble. Si vous vivez égotiquement (égoïstement), que vous ne recherchez que votre intérêt personnel, vous passez à côté de l’esprit du libéralisme. Il a donné le socialisme qui n’est rien d’autre que le fait de comprendre que c’est la collectivité organisée qui vous donne des conditions correctes pour agir tout en respectant l’individualité. C’est pour çà que je suis un social-démocrate. Je suis pour un Etat fort, généreux mais respectueux des individus, des personnes. Je suis donc pour un régime qui associe directement tous les individus car autrement l’Etat devient la chose de quelques uns. Que ceux-ci soient de droite ou de gauche.

Voilà. Je crois avoir pris le temps de vous répondre honorablement. Mais mon idée que votre action en tant que conseil devrait se tourner vers le patronat français, je crois, est bonne. Il est complètement obtus. Si vous lui expliquer patiemment les choses peut être qu’il y a aura une évolution. N’oubliez que ceux sont ces groupes sociaux qui ont les commandes. Plus leur niveau intellectuel est faible (en moyenne) plus la société est instable.

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Données pour tous :

Dossier La loi Sarbanes-Oxley

Qu’est-ce que la loi Sarbanes-Oxley ?

Votée par le Congrès en juillet 2002 et ratifiée par le Président Bush le 30 du même mois suite aux scandales des affaires Enron et Worldcom, la loi Sarbanes-Oxley implique que les Présidents des entreprises cotées aux Etats-Unis certifient leurs comptes auprès de la Securities and Exchanges Commission (SEC) l’organisme de régulation des marchés financiers US.

Guidée par trois grands principes soit l’exactitude et l’accessibilité de l’information, la responsabilité des gestionnaires et l’indépendance des vérificateurs/auditeurs, la loi vise à augmenter la responsabilité corporative et à mieux protéger les investisseurs pour rétablir leur confiance dans le marché.

Historique

Créée en vertu du Securities Exchange Act (1934), un an après le Securities Exchange Act (1933), la SEC a pour mandat principal de voir à ce que les entreprises agissent de manière responsable vis-à-vis des actionnaires, notamment en leur donnant accès à des informations financières et comptables fiables et transparentes.

Hormis quelques mesures complémentaires, il n’y a pas eu, depuis les années 30, de changements majeurs en matière de gouvernance corporative aux Etats-Unis. En ce sens, la Loi Sarbanes-Oxley constitue la plus grande réforme depuis la crise des années 30.

Le débat public fut amorcé quelque temps après les attaques terroristes de septembre 2001 avec l’affaire Enron, puis le scandale de Worldcom (le plus grand scandale de l’histoire américaine avec un montant de fraudes supérieur à 10 milliards de dollars). Ce n’est que suite au dévoilement des pratiques frauduleuses de cette entreprise et devant ce qui prenait l’allure d’une crise de confiance majeure, que la classe politique a dû se résoudre à agir.

Que contient la Loi ?

On peut distinguer 6 grandes mesures :

1) La mesure la plus significative est celle qui concerne la « responsabilité » les dirigeants d’entreprises (CEO et CFO). Toute irrégularité volontaire ou consciente est pénalisée. Les dirigeants pris en faute encourent 20 ans de prison.

2) Afin d’améliorer l’accès et la fiabilité de l’information, les entreprises devront fournir à la SEC des informations complémentaires (principes comptables guidant la présentation des comptes, transactions hors bilan, changements dans la propriété des actifs détenus par les dirigeants, codes d’éthique de l’entreprise...).

3) Depuis le 26 avril 2003, les entreprises doivent avoir mis sur pied des comités de vérification indépendants pour superviser le processus de vérification. Ceux-ci sont habilités à recevoir des plaintes venant des actionnaires ou encore des employés concernant la comptabilité de l’entreprise et les procédures de vérification.

4) Il est aussi prévu d’imposer la rotation des vérificateurs externes.

5) Un nouvel organisme de réglementation et de surveillance, le Public Company Accounting Oversight Board, doit superviser les firmes comptables ; établir des standards, enquêter et sanctionner les personnes physiques et morales qui ne respectent pas les règles.

6) Les sanctions sont considérablement renforcées. La sentence maximale pour fraude passe par exemple à 25 ans.

Bilan et controverse

La plupart des entreprises ont réagi favorablement aux mesures annoncées et se sont mises rapidement en conformité avec les nouvelles règles. Toutefois la confiance sur les marchés boursiers reste fragile et rien ne garantit que la Loi Sarbanes-Oxley soit appliquée avec toute la sévérité qui en marque l’esprit.

L’administration Bush ne semble en effet pas faire preuve d’une grande détermination dans la lutte contre les crimes économiques afin de ne pas trop intervenir dans l’auto-régulation du marché et enrayer un retour de la croissance. De plus, le budget de la SEC reste limité et la commission demeure la cible de plusieurs critiques.

Enfin la Loi reste controversée de par sa portée extra-territoriale... notamment par l’Europe et le Canada dont les sociétés cotées aux Etats unis doivent se soumettre aux normes établies par la Loi Sarbanes-Oxley. En effet si le Canada et l’UE reconnaissent la nécessité de développer des normes comptables mondiales et des principes de gouvernances communs à défaut d’être universels, l’imposition des principes et normes établis par cette loi est perçue par eux comme une forme d’ingérence.

Le défi actuel consistera à trouver des instruments de régulation adéquats et des règles qui pourront tracer la ligne entre régulation et autonomie du marché dans un contexte d’importants changements économiques qui remet en cause l’ordre établi.


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