Bois-Guibert,
c’est dingue comme tu ressembles au portrait-robot suivant, posté par Claude ci-dessus. Allez, je te le remets :
(...) 1 - La présence de l’étranger est vécue comme une invasion et une
intrusion. La mise en danger de sa propre identité devient une
obsession dominante. Face à cette crise, les moyens les plus extrêmes
d’opposition sont bons. On peut aller jusqu’à rejeter toute
considération morale. Non seulement la violence est justifiée, mais
elle est rationnalisée en autodéfense.
2 - La menace qui émane de
l’étranger est ressentie dans le corps. Sa force est inacceptable et se
dresse sur notre chemin. « Qui sommes-nous donc, pour nous laisser
ainsi acculer dans un coin » ? Sommes-nous donc des « pauvres types » ?
Si la faiblesse physique revêt une connotation sexuelle, le racisme est
lui aussi souvent associé à la sexualité, aux peurs, aux interdits et
aux vantardises qu’elle engendre. Ceci doit être mis en relation avec
le fait que la perception de soi des humains est influencée de façon
non négligeable par leurs fantasmes. Le « petit macho »
qu’il soit valet ou intellectuel, riche ou pauvre — redoute le concurrent qui le fait paraître impuissant.
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Le raciste se considère cependant, comme un « précurseur », qui rend
attentif à la portée réelle de relations sociales qui ne sont pas
encore perçues dans leur totalité. Ce sentiment est souvent couplé avec
l’idée de la conspiration. La menace est représentée comme générale :
nous, les nationaux, vivons des circonstances sociales très graves qui
justifient le repli sur quelques revendications fondamentales. Qui ne
voit pas le danger, qu’il soit individu ou nation, est évidemment
stupide, décadent et doit être tiré au plus tôt de son sommeil. Il
faut utiliser pour cela des moyens guerriers : coups de feu, tumulte,
feu et tempête. Il faut mettre en marche un détonateur ! Comme les
responsables sont des corrompus, c’est le peuple qui doit se faire
justice lui-même.
4 - La voix du peuple s’impose grâce à quelques
témoins privilégiés. Ce sont ceux qui se sentent menacés dans leur
identité et qui ne croient pas en « l’habit à la dernière mode » des
Droits de l’Homme, du cosmopolitisme et de la « co-citoyen-neté avec
les étrangers ». L’étranger reste l’étranger. Et nous sommes nous.
Paradoxalement, cette même égalité — condamnée — est utilisée à l’égard
des étrangers, qui sont complètement dépersonnalisés. On ne parle pas
d’individus, de leurs particularités et de leurs spécificités
culturelles, mais on les désigne comme des ensembles, des « masses » («
les » Russes, « les » Tamouls). Cela permet de faire l’économie d’une
analyse différenciée des souffrances, du sort et des formes de vie, et
empêche du même coup d’entretenir des rapports de familiarité avec eux.
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Quelques-uns se prétendent « vigilants » et ne s’en laissent pas
conter. Ils ont, intuitivement, des certitudes. Au premier coup d’œil,
ils reconnaissent les méchants et le mal. Ils ne nourrissent aucun
doute, ils n’ont pas de complexes et balaient toutes les instances
inhibitrices qui pourraient freiner leur action.
6 - Les
activistes racistes sont une minorité, ce qui ne les trouble guère et
les conforte plutôt dans l’idée que les courageux sont toujours en
minorité. Mais seuls, ils ne sont rien. Il y a chez eux le sentiment
que de grands bénéfices et des espoirs de rédemption les attendent,
après que la société aura été délivrée de ses éléments décadents : du
travail pour tous, le « sentiment du nous » (Wir-Gefùhl) retrouvé, la
solidarité, la justice, la patrie et la vertu.
Ces six points
font déjà apparaître que le phénomène de la haine de l’étranger en
appelle à un mélange étroitement imbriqué de peurs, d’incitations,
d’idées et de sentiments qu’il transforme en éléments de mobilisation
politique, économique, sociale, psychique, consciente et inconsciente,
physique et spirituelle, culturelle, ethnique et religieuse.(...)"
je vous invite à lire la suite de l’article sur le site :
La haine de l’étranger
Andréa Hettlage-Varjas,
Robert Hettlage
Revue européenne de migrations internationales
Année 1994
Volume 10
Numéro 10-2
pp. 45-55
Je peux te donner des adresses de thérapeutes, tu amèneras ton copain Jack. Ca va vous faire un bien fou.