@Ronchonaire :
Vous êtes un psychopathe qui rêve de transformer 900 millions de paysans que compte notre brave planète en paranoïaques, sans compter les consommateurs. Oui, comment peut-on seulement entreprendre dans le monde agricole tout en sachant que l’on est en compétition avec 900 millions d’autres concurrents ? Tout en connaissant l’extrême sensibilité de ces marchés aux aléas climatiques, sanitaires, caisses de raisonances médiatique aux problèmes de sécurité alimentaire, manipulation des cours par 4-5 acheteurs ?
On sait bien que les libéraux ne reconnaissent pas la hiérarchie des besoins, un besoin ternaire n’étant pas plus indispensable qu’un besoin primaire, un string léopard qu’un bol de riz quotidien, il n’empêche que si notre opinion publique n’est plus très sensible à la sécurité alimentaire quantitative, elle l’est d’autant plus qualitativement. Le raisonnement libéral étant vrai ou faux, cela importe peu.
Au fait combien de filières en Europe n’existent plus, depuis le libéralissime au revoir protectionisme bonjour dumping ? Quid de nos sidérurgies, textile, jouets, manufactures ? 100 fois plus que la banane d’exportation camerounaise sans aucun doute incités par quelconques FMI ou BM ? 1000 fois ?
@l’auteur :
Je préfère la limpidité d’un Frédéric Lordon sur notre système économique actuel qui dévoile que, tout en voulant supprimer tous les protectionismes de par le monde, l’ensemble de nos entreprises sont mus par la recherche de protections : bas coûts salariaux, lobbying, fiscalités complaisantes, législations environnementales très light, subventions, etc. La notion d’avantages comparatifs de Ricardo sont aujourd’hui trop manipulés pour être lisible. Il faudrait au moins distinguer les avantages qui relèvent des conditions naturelles (pluviométrie, ensoleillement, position géographique stratégique, etc) des conditions humaines (législations, compétences, etc).
Au moins l’un des parrains du libéralisme, Adam Smith (la richesse des nations), stipulait qu’à toute tâche identique, un même salaire devait être le même en tout lieu (on rajouterait en fonction de la productivité), revendication esentielle aujourd’hui d’un ... Besancenot. C’est dire le dévoiement actuel de la pensée des premiers libéraux à l’unique causalité sociale de notre époque, l’enrichissement individuel.
Votre proposition de relocalisation forcée, rajoutant une couche de gouvernance, dont on sait qu’elle sera rapidement contournée par la contrebande, perdrait rien qu’avec une harmonisation salariale (et si celle-ci ne peut être concertée elle pourrait dans le pire des cas faire partie de mesures anti-dumpings légitimes) perdrait de son intérêt. Harmonisation qui a tout intérêt à voir le jour sauf à constater l’aggravation d’une crise par la recherche perpétuel du moins-disant salarial et donc une perte de consommation et de croissance. Et ce n’est pas avec l’aggravation des inégalités que l’on tombera un jour, par miracle, sur le dernier moins-disant. Relativement, ils sont en fait de plus en plus nombreux.
Aujourd’hui, toute proposition de protectionisme est systématiquement rejeté. Or, il ne s’agit pas de protectionisme, mais d’anti-dumping. Dommage que les défenseurs de notre modèle social qui ont encore leur mot à dire n’emploient justement pas les bonnes expressions.
L’Europe peut se targuer, mais en interdisant les harmonisations fiscales en son sein (TCE), en sanctionnant des mesures nationales qui pourraient corriger ce chaos législatif et fiscal à 27, et en laissant rentrer sur son sol des produits manufacturés à l’autre bout du monde par des individus surexploités, orchestre la plus ignoble concurrence, arbitraire et faussée qui soit.