Tzecoatl a écrit : « Ca me semble intéressant à étudier. Par exemple prenons l’organisation fractale de plusieurs végétaux (le choux romanesco en est un très bon sujet d’études) et cherchons s’il y a lien de causalité de par un génome commun ou pas. »
Exemple intéressant mais piégeux ici car, en fait, si la structure fractale nous fascine et nous la fait ranger dans la case « complexe », les bases morphogénétique ne sont pas si complexes que ça. C’est d’ailleurs parce que c’est relativement « accessible » que les modélidations informatiques de la croissance végétale sont finalement pas mal abouties.
Pour en revenir au chou romanesco (une variété sélectionnée par l’homme), c’est le retard à l’apparition des méristèmes floraux qui est fondamental : les méristèmes d’inflorescence « s’entassent » géométriquement. Au sein de la famille des Brassica, la mutation du seul gène « cauliflower » peut donner à une simple Arabidopsis une tête de chou.
Plus généralement, vu la complexité des cascades de régulation qui déterminent le passage de phase végétative à florale, les branchements ou arborisation, les déterminations de méristème, etc., il y a mille et uns moyens de moduler le « timing » de la mise en place d’une inflorescence et d’aboutir à des phénotypes de types fractal en apparence frappants. Il y a donc plusieurs types de gènes impliqués.
Le « moule morphique » qui sous-tend ceci me semble être assez général : c’est la notion même d’arborisation (méristèmes, branchement...) qui offre à la fois mille et un possibles (immense variété des formes végétales) mais aussi nécessité (au sens téléonomique de Monod). On peut arguer que c’est la vie immobile, fixe, qui impose ce mode de développement en arborisation puisqu’il s’agit alors d’optimiser les surfaces d’échange pour être encore « là ». Pression de sélection immense s’il en est. Les forme arborisés se trouve chez les corails (animaux immobiles, faut-il le rappeler)...
Optimiser les surfaces d’échange se retrouve aussi dans le monde animal (branchies, poumons...) : une solution retenue aussi est le phénomène d’arborisation.
On notera que le phénomène d’arborisation nous épate dans sont état final mais est, par définition, un phénomène à faible nombre de variables et avec un principe de base, la dichotomie, et un moteur, la réitération, qui ne me semblent pas biologiquement « miraculeux ».