A Zen,
Les 3 termes que vous utilisez, qui
commencent tous par « auto », décrivent cette « tension » comme « autonome »,
on pourrait dire auto-générée (Attention : vous parlez de tautologie. Définition de tautologie : "Vice logique consistant à présenter comme
ayant un sens, une proposition dont le prédicat ne dit rien de plus que
le sujet". Je ne pense pas que vous vouliez dire ni que la vie en tant que phénomène ni que votre argumentation soit un vice logique).
Partons de votre formulation : la vie se serait « auto-générée ».
Est-ce dire qu’elle aurait généré ce qu’elle est ? Le serpent se mord
la queue, et même pour ce faire, il faudrait donc qu’il commence par exister, par
apparaitre, ce serpent...
Est-ce à dire qu’elle se développe à partir de racines (éléments de Mendeleiv, acides aminés, etc...) permettant cette génération ?
Si oui, on retombe d’une part sur le problème de la probabilité
mathématiquement calculée voisine de zéro que les constantes ultra
précises nécessaires à la vie aient été engendrées par des
reproductions aléatoires d’éléments constitutifs matériels sans « logiciel », « soft » et d’autre
part sur la nécessité d’un moteur suscitant ces réplications. Lui-même
auto-généré ? Et ces éléments racines : auto-générées ?... on retombe sur un problème d’origine.
Est-ce à dire que vous envisageriez une génération spontanée ex-nihilo ? Je vous fais crédit que non.
Que pensez-vous en fait ?
Pour ma part je conçois que :
- ce qu’on appelle matière n’est pas bien défini,
- ce qu’on appelle évolution n’est pas bien défini,
- personne n’a encore su trouver et exprimer une description convaincante de la genèse de l’univers et de la vie,
- les intuitions des uns et des autres contiennent potentiellement du vrai et du moins vrai même s’ils sont de « l’autre camp »,
- cette situation devrait nous amener à coopérer et non plus à vouer nos
« adversaires » aux gémonies, eux qui sont nos alliés, notre salutaire
poil-à-gratter.
Ecoutons-nous plus sensiblement, nous nous entendrons
peut-être.
Par exemple, vous parlez de Teilhard et de sa vision christique : cela nécessiterait plus de nuances, au risque sinon de l’assimiler aux croyances des différents et divergents catéchismes.
Or il y a chez lui une analyse factuelle du retournement de l’évolution sur elle-même (je résume), dont je ne vois pas comment on peut la contester et qui a son intérêt.
Il y a chez de nombreux chercheurs de chaque bord, bien des vérités à approfondir, à confronter, à imbriquer, à mélanger dans l’éprouvette du débat.
Mais notre propension à classer et étiqueter, et la conception instantanément religieuse de la notion de téléologie chez les modernes rend cette alchimie improbable.
C’est pour cela que je plaide pour la cohabitation des deux postulats : non finalité et finalité.