Le monde va mal, les gens souffrent, le chômage
augmente, tu as 50 ans, toujours pas de Rolex et quelque part cela te chagrine.
Le capitalisme a un cancer de la prostate mais tu le savais, le sphincter
industriel a craqué puis démissionné, les Chinois mangent les parts de marché
de nos étrangers à nous et tu ne peux rien dire à part opiner du sous-chef.
Oui et alors ?
Si la réponse à tous les problèmes est de marcher dans
la rue comme une armée de bovins avec des pancartes calligraphiées – à l’heure
d’internet – tout en scandant des slogans qu’auraient pu écrire un enfant de 7
ans après la mort de Bambi, félicitations, nous sommes officiellement dans la
merde Monsieur le proctologue professionnel.
Quand on met les gens la tête la
première dans leur mythomanie militante, ils rétorquent pathologiquement par un
désespéré et absolu : « mais qu’est ce que tu fais toi ? »
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http://souklaye.wordpress.com/2009/03/28/best-of-anticipation-le-g20-du-chacun-pour-soi/
La théorie du sauveur cher à l’espèce humaine anime
les espoirs calculateurs des patriotes de chaque côté des frontières. En cas de
réussite, la béatitude règnera en maître chez les cyniques, mais aux vues de
l’histoire, on peut sereinement présumer un retour de cette animalité chère au
meurtre de masse légitime.
Qui est vraiment à blâmer entre la minorité des
hyperactifs défenseurs de tout et n’importe quoi et le gros de la chaire à
canon trop occupé au jeu de vie à crédit ?
Les grandes phrases pour éditorialistes en manque de
magie ponctueront des soliloques face caméra, on ne distinguera plus les
chaises vides des chaises musicales, les bouches n’auront plus de mots pour
leurs boniments et les mains les plus amicales préfèreront le silence à la
chaleur diplomatique.
En devenant
à la fois juge et victime, nous sommes tous devenus invisibles, en passant de
la société du spectacle au spectacle des sociétés
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