On nous a dit que les jeunes ne liraient et n’écriraient plus avec tous ces
écrans. Il se trouve que les jeunes n’ont jamais lu et écrit autant
qu’au siècle des réseaux électroniques.
Il est très difficile de se débarrasser de ce rapport un peu « charnel »
à
sa lecture. « Un écran ne remplacera jamais un livre », à les entendre.
Mais qu’est-ce qu’ils ont, les gens, contre les écrans, ces objets
produits massivement et de ce fait de moins en moins couteux, qui
peuvent afficher tous les livres du monde, mais aussi plein d’autres trucs,
images, films etc. On arrive bientôt aux écrans souples, avec la
miniaturisation un ordinateur aura la taille d’une allumette pour un
cout ne dépassant peut-être pas celui d’une baguette. La Connaissance
et
le Savoir deviendront alors les valeurs suprêmes obscurcissant du coup
les valeurs matérielles. La réalité gagnera d’immenses territoires dans
la virtualité.
Si un livre est un objet fragile, son numérisation le rend éternel. La
disparition du livre en papier sera tout de même un coup dur pour les
valeurs - on commence à entrevoir un mise en question de la notion de
propriété. A quoi sert de posséder dans un monde ou tout est
disponible ? A-t-on le sentiment de posséder le livre sur sa clé
USB ? Y-a-t il vraiment une différence entre avoir un film sur son
disque dur ou l’avoir en DVD avec sa boitier en plastique, un objet
qu’il faut sans cesse ranger et occasionnellement dépoussiérer ?
Voilà ce que nos puissants redoutent tant. La mise en question du
notion de la propriété. Il voient leur Pouvoir qui s’effrite, car il
n’est possible qu’à travers la notion de propriété.