Pour tempérer, les Alsaciens ont longtemps qualifié les Vosgiens de « Français de l’intérieur ». Cela montre une certaine distance avec la France dans le passé, laquelle s’est résorbée depuis.
Les antagonismes sociaux se sont considérablement étendus sous le règne de l’UE (voilà encore un exemple de la « paix » promise par l’UE libérale non réussie). Continuer de laisser les gens sans autres solutions pour subsister que celles de la débrouille, la rouardise, voire la crapulerie, c’est un drame qui ne restera pas sans conséquence s’il perdure. Il est bien évident que certains - et ils sont nombreux - se sentent complètement abandonnés par le pays, et que désormais la promesse républicaine leur apparaisse comme un conte pour enfant auquel ils se sont juré de ne plus se laisser prendre. De même, le taux d’abstention supérieur à 60% des élections montrent bien, sous un autre aspect, cette rupture entre le peuple et la république.
Cela dit, le racisme est toujours une mauvaise chose, car source d’injustice et d’arbitraire. Ce faisant, si quelqu’un en rupture du système, devient raciste, il se coupe de personnes qui, au final, auraient pu lui être favorables et le soutenir ; s’il avait pu exprimé ses malheurs de manière plus concrète sans chercher à en faire porter la faute sur un groupe arbitraire de personne qui n’y sont pour rien. La colère est mauvaise conseillère.
Il y a une sorte de cercle vicieux du racisme. Les propos racistes provoquent le rejet et le mépris, pendant que ce rejet vient apporter au yeux de celui qui a exprimé les propos blessant la preuve que ses propos étaient légitimes (puisque le rejet est conçu comme une agression). Tant et si bien qu’on ne sait plus à la fin qui a commencé...
Paradoxalement, il faut sauter le pas : on ne peut lutter contre le racisme que par l’amour, un amour sans naïveté cependant.
Les personnes seront enclin à aimer le pays s’il les aime.