@ L’auteur
Je viens de lire votre article et me permets de faire un première critique,mais sans méchanceté : vous confondez un simple outil technique et les personnes qui l’utilisent.
"On ne peut plus savoir ce qui est envoyé par des témoins des
manifestations à Téhéran et ce qui l’est par des agents de la CIA à
Langley ou en Angleterre.«
»Grâce à Twitter, on va pouvoir exciter la populace par des messages
sans queue ni tête, diffusés sur les portables dont on a distribué des
millions et des millions en Iran«
Ce que je vais vous dire ne vient de récentes et partielles lectures, mais l’interprétation que je tire ne va pas du tout dans votre sens. Quand vous parlez, avec un certain mépris de populace, vous faites une transposition dans un pays bien particulier d’analyses concernant les sociétés occidentales, mais les grilles d’analyse utilisées par des auteurs comme Nietzsche ou Arendt pour l’Europe ne valent peut-être pas pour l’Iran.
Au contraire, mes lectures m’indiquent que la société iranienne est bien autre chose que des individus atomisés et qui se regroupent seulement sous la forme des »masses« informes chères à Canetti ou Ortega y Gasset. La société iranienne est profondément innervée par son tissu associatif informel, qui existe sous deux formes, le »dowreh« , des cercles de sociabilté, et le »heyat", des associations plus formelles autour d’un religieux. Ce tissu semble plus vivant que jamais à l’heure actuelle.
Conclusion, contrairement à vos discours, la société iranienne est capable de vivre elle même son destin et de résister à tout tentative de manipulation extérieure.