Quelle est la ligne de partage entre ce qui nous choque et
ce qui ne nous choque pas ?
A lire les orientations collectives que prennent les
réactions des lecteurs dans tel ou tel sens, pourquoi cela m’évoque-t-il le
mouvement de certains bans de poissons ?
Comme si une aimantation fédérait certaines mentalités. Nous reconnaissons-nous à l’intuition pour nous regrouper
sous une même bannière ? Sont-ce des choix fondamentaux profonds qui nous
font nous insérer dans tel ou tel mouvement d’idées ?
Certes ça pourrait être un peu blessant d’être comparés à
des poissons - sauf si on considère que d’après certains, nous
dériverions du cœlacanthe.
Mais pourquoi par exemple, Zen, êtes-vous suspicieux sur les
comportements entourant la question des amalgames dentaires (« Y aurait-il
donc un silence entretenu sur la question, un refus de savoir, un déni de
réalité ? », cf votre article que j’avais lu avec intérêt à l’époque) et
apparaissez-vous prêt à considérer que combattre les dérives issues de la trop
grande influence des firmes pharmaceutiques et autres influences économiques dans
notre système de santé serait pratiquement synonyme de charlatanisme ou
d’obscurantisme ?
Et à donner le Bon Dieu sans confession au corps médical
constitué ?
Serait-il l’unique société humaine exempte de
disfonctionnements ?
Du coup, avec Socrate et Voltaire pour les soutenir, Merck, Roche et
Novartis par exemple n’ont plus rien à craindre de Molière. Ni de Rabelais.
Allez Jean-Baptiste, console toi, peut-être un jour
parviendrons-nous à réfléchir avant de penser…
On dirait que les problèmes sanitaires tels que la question
des hormones de croissance, du Vioxx, de la présence préoccupante
d’antibiotiques dans l’environnement, etc…n’ont pas eu lieu ou alors qu’ils ne
tirent pas à conséquences.
Sans oublier que, par exemple, la multiplication des
maladies dégénératives, la décroissance nette de la fécondité masculine et
l’augmentation vertigineuse du nombre de cancers dans nos sociétés modernes
semblent en grande partie liées à un mode de vie où la chimie à une place inouïe
dans l’histoire de l’humanité.
Un des raisons de ce soutien étonnant est peut-être que
l’indubitable efficacité acquise pour tel ou tel effet attendu (antibiotique,
antalgique, chirurgie…) fait que l’on a tendance à valider et respecter la
discipline dans son ensemble : la Médecine avec un grand
« aime ».
Pourtant, c’est une activité multiple, avec ses succès, ses
échecs, ses erreurs, ses excès, ses gloires et ses grandeurs.
Et ses dangers.
Mais peut-être plus qu’aucune autre, parce qu’elle touche à
ce qui m’est si précieux, mon corps, alors ça, « c’est pas des choses
qu’on rigole avec ».
Du coup, que des laboratoires mettent sciemment sur le
marché des substances dont ils connaissent pourtant la nocivité, est-ce que les
montants énormes des investissements nécessaires à la recherche ne nous incitent-t-ils
pas à penser : « Si c’est le prix à payer pour que la médecine
progresse et puisse bien me soigner quand j’en aurai besoin… » ?
Pourtant, à bien y réfléchir, quand on m’exprime qu’on veut
combattre les « Coûts exorbitants [de notre système de santé] en perpétuelle
augmentation, les pollutions des corps, des sols et des rivières, jusque dans
notre eau de boisson », l’émergence « de nouveaux risques sanitaires
qui ne sont absolument pas maîtrisés. » je prête une oreille attentive et
favorable.
Quelle est la ligne de partage entre ce qui nous choque et
ce qui ne nous choque pas ?...