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Commentaire de Manuel Atreide

sur Gaypride 2009, la marche des fiertés en crise ?


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Manuel Atreide Manuel Atreide 29 juin 2009 11:56

@ toutes et tous,

gay Pride, Paris. 500 000 personnes. 700 000 ? 200 000 personnes ? Peu importe ... La Gay Pride - pardon, la marche des fiertés LGBT - défile désormais sinon en terrain conquis, du moins dans une ville où les homos (filles et garçons) ne sont plus rejetés, stigmatisés, moqués, agressés. Enfin, presque plus.

D’un coté, c’est un résultat plutôt agréable, cela offre à pas mal un endroit, une ville où ils et elles peuvent, au quotidien ou le temps d’une balade, se sentir libre d’un carcan qui pèse sur les épaules de celles et ceux qui sont ailleurs. Monter à Paris, pour les homos de province et de banlieue, c’est souffler, se faire plaisir, gouter aux joies de l’anonymat tout en étant soi même, oublier les préjugés, la crainte d’être découvert, d’être parfois mis à la rue.

Mais franchement, est-ce encore le lieu le plus emblématique de la lutte lancée il y a 40 ans ? Est-ce à Paris que le fer doit être porté, une ville dont le maire est lui même homosexuel ?

Il y a un paquet de Gay Pride partout en France. Dans bon nombre de grandes villes de province, les mêmes défilés sont organisés chaque année.

Enfin les mêmes ... moins de participants, moins de soutien de la part des autorités, parfois même, une vraie envie de freiner, voire bloquer ces manifs. Peur de la réactions des habitants de la ville, peur d’être catalogué « gay-friendly », parfois même opposition de principe à ces défilés. La mairie de Toulouse, pourtant « ville rose », l’une des plus grandes villes universitaires de France et fortement teintée de cet autre rose, a longtemps mis des batons dans les roues de la Gay Pride locale.

Et défiler en province est loin d’être la même chose simple et banale qu’à Paris. les gens vous regardent, vous jaugent, vous jugent, vous reconnaissent.

Mais il y a d’autres villes en France où les Gay Pride ne vont pas. Les banlieues par exemple. Nous savons tous que le respect des gays et lesbiennes s’arrête souvent aux frontières des villes centres, que les banlieues restent minées par l’intolérance, l’homophobie, les interdits religieux ou culturels, la violence parfois. Nombres de gays et lesbiennes de ces villes françaises vivent cachés, parfois la peur au ventre. Pour celles et ceux de la banlieue parisienne, aller à Paris c’est souffler un peu. C’est aussi prendre le risque d’être vu, reconnu, démasqué. Et quand cela arrive, les conséquences ne sont pas benignes.

Il y a aussi la campagne ou l’isolement laisse celles et ceux qui y vivent dénués de solidarité face à un mode de vie ou le qu’en dira-t-on marche encore fortement. Et si le jugement est sans doute plus nuancé - après tout, on connait ce voisin, cette voisine - il bascule vite dans le soupçon ou l’ostracisme en cas de problème réel ou fantasmé.

Alors, la Gay Pride à Paris ?

Et si cette marche parisienne décidait, un beau jour, de prendre le RER et de finir de défiler à la Courneuve ? A Sarcelles ? A Evry ?

La Gay Pride a commencé dans la lutte, comme un défi face à la violence policière et l’intolérance d’une société. Et si les choses ont évolué, cette envie d’aller batailler contre les préjugés et les comportements imbéciles s’est un peu émoussée. Alors, sans renoncer à la fête, au plaisir de défiler ensemble, de se faire plaisir un jour par an, de vivre l’espace d’un cortège sans les contraintes du quotidien, il est peut être temps d’aller conquérir ces espaces ou tout reste à faire. Ils ne sont pas loin. Certains sont à portée de regard.

Manuel Atréide


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