Bien des choses ont été dites ici et certaines valent leur pesant de cacahouettes, mais vous avez oublié un facteur primordial du monde de l’édition, LE facteur principal : le diffuseur.
S’il existe encore quelques éditeurs qui tentent de faire leur boulot correctement en sélectionnant les manuscrits sur des critères littéraires [ils se font de plus en plus rares] cela ne veut pas dire que le bouquin sera bien distribué. Et que dire de ces éditeurs qui affichent de ne plus envoyer de manuscrits car ils sont pourvus pour les trois années à venir ... Est-ce à dire que sous prétexte qu’ils reçoivent trop de manuscrits ils sont prêts à rater la perle qui pourrait se trouver dans un prochain envoi ? Se fermer ainsi aux possibilités (rares il est vrai) est comme un commerçant ou un chef d’entreprise qui refuserait de recevoir les représentants. Il se couperait de tout.
Mais bon hein, là n’était pas le propos que je voulais aborder. Revenons au diffuseur.
Le diffuseur décide de ce qu’il va distribuer, l’éditeur n’a pas son mot à dire. Les critères choisis par le diffuseur ne sont pas forcément ceux de l’éditeur. Le diffuseur gagne toujours : sur la gestion de stock, la livraison et sur les retours mais son intérêt est qu’un livre ait une rotation importante. Donc les critères ne sont que marketing et non pas qualitatifs. Le diffuseur est un gestionnaire qui ne raisonne qu’en termes économiques.
Si un éditeur veut distribuer lui-même, c’est possible, mais il sera très limité dans sa couverture et vite asphyxié par les coûts.
Pour en revenir à votre cas personnel bernard Dugué - et je précise que je n’apprécie guère certains commentaires ironiques, voire insultants sur ce média à l’égard des rédacteurs - je dois souligner que Popu a raison sur certains points dont un précisément : il y a pléthore de manuscrits émanant du corps enseignant. Et ce ne sont pas forcément les meilleurs. Les éditeurs croulent plus sous les envois de profs que d’auteurs autodidactes. Leurs ouvrages sont trop souvent académiques. Et sans préjuger de votre oeuvre, les manuscrits sont barbants.
Qu’est-ce qu’un livre ? Peu importe son sujet, son style, sa construction, l’important est de susciter l’intérêt du lecteur. Pour les romans c’est : une bonne histoire, une bonne histoire, une bonne histoire... bien racontée évidemment.
Et ensuite : de la promo, de la promo, de la promo...