Et pof, article n°786 qui nous explique que le mécanisme de création monétaire est à l’origine de tous les problèmes. Ce mouvement de pensée, assez prégnant par exemple dans l’extrême-droite, a des origines assez anciennes.
Tous les philosophes grecs comme Aristote et Platon ont condamné le prêt à intérêt, vu comme une cause de surendettement. Les sociétés grecques ont quand même pratiqué l’usure. Pareil chez les romains, qui en ont récupéré la culture. Pourtant ils ont eu pas mal de soucis monétaires, d’inflation et fausse monnaie étatique.
C’est passé ensuite chez les catholiques et les musulmans, qui ont interdit le prêt à intérêt. En théorie, car il a été pratiqué par quelques papes de la renaissance et de l’époque moderne, comme celui qui a financé la prise de pouvoir en Angleterre par Guillaume d’Orange, assurant ainsi que la monarchie anglaise ne serait pas catholique. :)
Il a fallu la Réforme pour que l’on commence à voir la question un peu différemment. Mais c’est la révolution agricole, qui a permis en doublement de la population européenne, qui a obligé, pour la phase de transition démographique, à utiliser de la création monétaire pure par crédit. Le métal ne le permettait pas. Dans le même temps, l’empire ottoman, qui interdisait le crédit déclinait, et la France, qui n’y croyait pas trop après l’échec de Law, ne prospérait pas autant.
Allais est resté marqué par le doute vis à vis de son époque. Mais sa théorie sur « l’inflation inutile » est inepte. Un phénomène universel n’a pas besoin d’être déclaré utile, il doit être constaté et expliqué.
La révolution industrielle a eu des effets pervers de toutes sortes, dont une série de « grandes dépressions ». Celle de 1880 a marqué durablement les esprits, et a ancré l’idée générale que toutes les misères étaient « la faute aux juifs qui tenaient les banques »., idée qui trainait depuis le moyen-âge, puisque seul le judaisme autorisait le prêt à intérêt. Il n’a pas été difficile au chef du parti antisémite US, Henry Ford, de faire rebondir l’idée pour cacher aussi le fait qu’il ne payait pas ses ouvriers aussi bien qu’il le disait.
Mais en fait, on a eu des tas de grandes crises économiques avec de la création monétaire excessive d’états. La difficulté de diagnostic vient du fait que la création de monnaie doit accompagner la croissance réelle. Or elle a tendance à créer sur le moment une croissance fictive et non durable. C’est « l’euphorie monétaire », cas central « d’exubérance irrationnelle ».
La fausse monnaie d’état, ou privée tolérée par l’état, sert à cacher une décroissance ou stagnation, et pour les grandes puissances une faiblesse militaire. Les crises monétaires ont des causes politiques.