STATUT POUR TOUS : VIVE CE LUXE D’EN-BAS !
Les travailleurs et travailleuses de tous les pays en ont besoin pour vivre sereinement. Avec un statut le patron devient un demi-patron et la force de travail est encore moins qu’à l’ordinaire une marchandise à vendre. Ce n’est pas l’abolition du salariat mais c’est une bonne voie pour travailler dignement.
Les avantages qui restent encore pour les
fonctionnaires ne sont indécents que pour les pantouflards de la haute
fonction publique ou, s’agissant des fonctionnaires du rang, pour ceux
qui veulent un monde hobbésien perpétuellement en guerre économique et
militaire. En fait c’est avec la Sécurité sociale, le seul luxe de la
base qui mérite renfort et généralisation. La pente barbare de la
modernité capitaliste est celle de la destruction de toutes les
garanties gagnées par et pour le peuple-classe.
Mais vociférer contre la petite racaille
sarkozyste prête en enfourcher toutes les haines du peuple laissées
comme un os par les élites néolibérales est de peu d’intérêt.
S’attaquer aux voyous en « col blanc » c’est déja une colère plus
justement employée. Mais l’essentiel doit aller aux dispositifs
d’écrasement des humains au travail afin de dégager les possibilités
d’émancipation humaine. Parmi ces dispositifs le refus de généraliser
le statut de garantie de l’emploi avec des adaptations au privé. Ce qui
gangrène chaque jour les esprits vient aussi bien des hommes
politiques, de droite et de gauche-centre surtout, et des
dirigeants privés et publics . De nombreux médias font le porte-voix.
Pas tous.
Côté privé : Les grands dirigeants d’entreprises
internationalisées poussent à l’exploitation sans pitié de la force de
travail. C’est que quasiment aucun contre-pouvoir ne les empêche de
tirer de gros profits à partir de la production des autres, les
travailleurs salariés. Ils exercent une dictature « travailliste » à peine
adoucie par un code du travail chaque année toujours plus en
lambeaux. Le code du travail c’est comme le dit G FILOCHE le bien le plus
précieux (avec les inspecteurs du travail et les syndicats) pour faire en
sorte que les travailleurs ne vivent pas « à genoux » dans l’entreprise. Or la
soumission, l’intensification pour de faibles salaires est la tendance
lourde dans tous les pays du monde (cf M HUSSON). Les cris d’alarme de
l’OIT ne sont guère entendu. Le code du travail même solide ne suffit
pas à civiliser cette logique barbare. il importe de faire reculer l’économie
marchande au profit de l’économie non-marchande (cf JM
HARRIBEY)
Côté public : S’agissant des hauts
fonctionnaires la cible doit porter d’abord sur ceux qui « pantouflent »
(passe du public au privé et retour après les bonus) même si l’esprit
du capitalisme néolibéral souffle fort dans les sommets de l’Etat. Cet
esprit de rentabilisation productiviste généralisé, sous-estimée chez
les observateurs qui ignorent la bonne productivité des travailleurs du
privé et du public, débouche sur une déplorable mentalité
« darwiniste-sociale » (qui fait strictement le contraire de ce
préconnisait Darwin) qui fait de nombreux dégâts dans le public. Le
harcèlement y est monnaie courante. Sur fond de pénurie d’effectif
certains usagers indélicats peuvent y participer en confondant la fil
d’attente impressionnante dans une préfecture (service « carte grise »)
avec le travail pas assez rapide au guichet alors qu’en 3 heures il n’y
a pas eu une seule minute de repos des agents en service. Manifestement
certains ne voie pas le scandale au même endroit !
A propos de salaires, on ne saurait comparer que ce qui est comparable entre le
public et le privé. Il faut ici faire très attention.
Au passage 3200 euros par
mois c’est le revenu de fin de carrière d’un prof agrégé, pas du fonctionnaire moyen. Evidemment, des hauts
fonctionnaires gagnent plus. Mais le gros des trois fonctions
publiques gagnent entre le SMIC et 2700 euros par mois . Les primes font monter les chiffres mais il reste qu’environ. 95% des fonctionnaires
sont des prolétaires.
Les salaires du privé montent bcp plus que ceux
du privé. Par contre bcp de travailleurs et travailleuses du privé peinent à
décoller du SMIC. Terminer son parcours professionnel à 1800 euros est pour
certain(e)s plus une aspiration qu’une réalité. Comme syndicaliste j’y pense
souvent. Politiquement aussi car c’est précisément cette aspiration qui a été
instrumentalisée par Sarkozy via le « travaillisme » (le travail intense et le
dimanche comme valeur sociale) : que les smicards et juste au-dessus puissent
gagner plus mais en trvailant plus. Le partage du travail n’est pas pour demain
avec cette politique. La « politique de civilisation » (excuser l’outrecuidance)
c’est de faire en sorte que "tous et toutes participent à la production de
l’existence sociale", production marchande et non marchande. Nul n’en est
exempt, mais nul ne doit sombrer dans le workaholisme.
Christian D