Décryptage du Hoax
Il faut planter le décors,
1992, Cisjordanie, 1ère intifada.
Au cours de l’été, le
ministre de la santé (Olmert) décide de lancer une campagne de don d’organes en
Israël.
Bolstrom écrit »
pendant cette campagne de jeunes palestiniens ont commencé à disparaître dans
les villages de Cisjordanie et de Gaza. Les soldats israéliens les ramenaient
morts, au bout de 5 jours" pour="pour" un="un" fait="fait" aucun="aucun" emploi="emploi" du="du">
La campagne officielle de
don volontaire est donc en fait une campagne officieuse de don non volontaire.
D’autant que l’auteur a
été contacté par du personnel de l’ONU qui « disaient que des vols d’organes avaient
certainement lieu, mais qu’ils étaient empêchés d’agir contre cela. » Toujours pas de conditionnel ; aucun témoignage de
ces dits employés de l’ONU d’habitude si prompt à dénoncer le moindre manquement
de l’armée israélienne.
L’écrivain trouve un réseau de diffusion (lequel ?)
et décide de se rendre sur place.
Il se rend dans le village d’Imatin, près de
Naplouse et nous raconte comment une colonne de l’armée israélienne ramène vers
minuit le 13 mai 1992 le corps du jeune Bilal tué 5 jours plutôt. Force est de
constater que les dons « non volontaires » ont commencé avant la
campagne officielle.
Rien est épargné au lecteur : la peur,
l’angoisse, le froid et les sanglots silencieux, le déchargement du corps, les
membres de la famille qui creusent en pleine nuit devant le capitaine
« Yahya » et ses soldats qui plaisantent. Et toutes ces questions qui restent sans réponses :
pourquoi une autopsie (procédure), pourquoi une escorte militaire ( les
volontaires au suicide ne sont pas nombreux en Israël), pourquoi de nuit et
après 5 jours (les procession funèbres de jour des chahids entraînent souvent
des émeutes et de nouvelles victimes)…
L’auteur ne comprends pas pourquoi Bilal qui se
savait recherché est revenu au village alors qu’il se cachait des les montagnes
de Naplouse, car selon l’auteur, se faire prendre signifiait la torture et la
mort (sic). Or l’armée ne
pourchassait que les membres d’organisations ayant commis des attaques armées,
les lanceurs de pierre ne l’intéressaient pas. D’ailleurs, l’auteur écrit que
Bilal est passé devant la menuiserie où le guettait une unité spéciale de
l’armée « sans protection ». Qui a la nécessité d’une protection, un
lanceur de pierre ou un chef d’une organisation terroriste recherché ?
La seconde hypothèse est sans doute plus
vraisemblable et alors l’histoire du jeune lanceur de pierre tué pour voler ses
organes me fait penser à une opération d’une unité spéciale israélienne venue
arrêter un chef terroriste : immobilisation de deux balles dans les
jambes, hélicoptère qui attend pour l’évacuation, tir sur le terroriste à terre
s’il prend une arme, refus des soldats de laisser partir le suspect avec le
croissant rouge… Et surtout, l’autopsie qui est obligatoire dans pareil cas.
Mais l’écrivain tient son scoop, n’était il
d’ailleurs pas conforté par « un proche de Khaled de Naplouse, de même que la mère de Raed de
Jénine et les oncles de Mahmoud et Nafes dans la bande de Gaza » qui affirment tous que leurs
fils sont utilisés comme donneurs d’organes involontaires.
Son scoop n’ayant eut aucun
retentissement lors de la sortie de son livre, il tente de le ressortir en
saisissant l’actualité américaine avec l’arrestation d’un rabbin israélien
coupable de trafic d’organes aux USA.
Enfin, le monde entier connaît
Bolstrom. Cela aurait été dommage de passer à côté d’un tel talent !