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Commentaire de rocla (haddock)

sur De Victor Jara à Guantanamo : la même CIA (12)


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rocla (haddock) rocla (haddock) 22 septembre 2009 20:32

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Irina Gueorguieva Bokova Nouvel ambassadeur de Bulgarie en France

Au printemps 2005, le gouvernement bulgare de l’époque dirigé par le premier ministre libéral Siméon de Saxe-Cobourg a proposé - et le président de la République a nommé (1) - Irina Gueorguieva Bokova au poste d’ambassadeur de Bulgarie en France. Elle occupera également le poste de représentant de la Bulgarie auprès de l’UNESCO.

Même si Paris est son premier poste en qualité d’ambassadeur, c’est une diplomate de carrière et une femme politique d’expérience qui va occuper ce poste important pour la Bulgarie en Europe. Sa remarquable carrière administrative avant 1990 précède sa brillante carrière politique au sein de la Gauche bulgare. Cette nomination comme ambassadeur à Paris est pour elle, certainement, un retour aux sources.

Au-delà du symbole qu’elle représente, qui est vraiment madame Irina Bokova ?

Irina Gueorguieva Bokova est née le 12 juillet 1952 à Sofia. Elle est la fille de Gueorgui Bokov (2). Divorcée (3), elle est mère de deux enfants. Elle a un frère, Philip (4) qui est l’un des principaux conseillers du président de la République, M. Gueorgui Parvanov.
Après ses études primaires à l’école 128, elle intègre le lycée 114 à Sofia. C’est un établissement de renom dans lequel l’enseignement se fait principalement en anglais. A la fin de ses études secondaires, elle part à Moscou dans le prestigieux Institut des Relations Internationales qui a formé nombre de cadres du parti (5). Faire des études à Moscou est un grand privilège réservé à l’élite du pays et, plus spécialement, aux enfants de la plus haute nomenklatura du parti (6). Elle en sort diplômée en 1976 et intègre immédiatement le ministère des Affaires étrangères [polyglotte, I. Bokova parle le russe, l’anglais, le français et l’espagnol]. Elle est successivement Troisième Secrétaire à la Représentation permanente de la Bulgarie à l’ONU à New York de 1982 à 1984, Troisième puis Deuxième Secrétaire au Département « ONU et Désarmement » de 1984 à 1987. A partir de cette date, elle est Chef de section au cabinet du Ministre des Affaires étrangères et devient Premier Secrétaire le 1er septembre 1991.
Entre temps - si l’on peut dire - le mur de Berlin est tombé le 9 novembre 1989. Le lendemain, le leader du parti communiste bulgare (BKP), T. Jivkov, est évincé du pouvoir par une sorte de « révolution de palais » pour être remplacé par P. Mladenov (7) et A. Loukanov (8). Devant l’évolution de la situation politique en Europe, et tout particulièrement en Bulgarie, le parti communiste décide d’entamer des négociations politiques avec l’opposition anti-communiste regroupée sous la bannière de l’Union des forces démocratiques (S.D.S.). Irina Bokova va mettre sa carrière administrative entre parenthèse et va commencer une carrière politique qui la propulsera, en quelques années, vers les plus hautes sphères du pouvoir : elle sera députée, Vice-ministre et même brièvement ministre des Affaires étrangères, candidate à la Vice-présidence de la République en 1996. Pour les élections présidentielles de 2001, la presse bulgare évoque son nom comme candidate potentielle du parti socialiste.

Intelligente, dynamique, ambitieuse, elle appartient début 1990 à ce qu’un ancien membre du parti appelle « la relève ». Le parti communiste bulgare saura la mettre en avant. Avec son frère, elle participe ainsi aux négociations dites de la « Table ronde » (9) . Selon les sténogrammes, elle n’y intervient nommément qu’à deux reprises (10) . Elle y représente, à l’ époque, le « Comité préparatoire pour la création d’une Union démocratique des femmes ». Lors d’une « réunion préparatoire » (11) , c’est le président de séance, Andreï Loukanov, qui lui cède la parole. Elle présente les objectifs de cette future Union démocratique des femmes qui bénéficierait, selon elle, d’une assise importante dans le pays. Par son bref discours, I. Bokova s’inscrit parfaitement dans la stratégie politique globale du BKP qui consiste, à l’époque, à esquiver le choc frontal, lors des négociations qui vont s’ouvrir, entre « gouvernant » (communistes) d’une part et « non gouvernant » (opposition anti-communiste) d’autre part ; entre les responsables de la crise globale qui affecte le pays et ceux qui vont exiger des explications. Ce schéma est inacceptable pour le BKP qui risque alors de se retrouver dans une position d’accusé devant l’opinion. I. Bokova demande également la présence d’une pluralité des représentants de la société autour de la table des négociations. L’objectif est de « diluer » le plus possible la représentativité politique du seul mouvement anti-communiste, le SDS. Elle refuse encore, en qualité de représentante d’un « groupe de la société », les conditions préalables d’équité que met le SDS à sa participation aux négociations comme l’obtention de papier journal par l’Etat, qui détient le monopole d’achat et de distribution, pour publier un journal indépendant (12). Si elle participe aux négociations, I. Bokova n’est pourtant mentionnée nul part comme signataire des différents accords de la Table ronde.

A trente-huit ans, la jeune I. Bokova est candidate du parti socialiste (B.S.P.) lors des premières élections pluralistes des 11 et 17 juin 1990. Elle est élue députée au scrutin majoritaire dans la circonscription « Generaltochevo  » à la « Grande Assemblée Nationale » qui est à la fois une assemblée législative et constituante. De 1992 à 1995, il est indiqué, sans plus de détails, qu’elle travaille pour des entreprises privées.

Ayant formé une coalition de la « gauche démocratique » avec le parti agrarien BZNS-A. Stamboliiski (13) et le mouvement « Ecoglasnost », le parti socialiste remporte les élections législatives anticipées du 18 décembre 1994 avec 43,5 % des voix (14). La coalition obtient une majorité absolue de 125 sièges sur 240. Le jeune président du parti, J. Videnov (15), forme un gouvernement. Irina Bokova en fera partie.
En juin 1995, elle est nommée Secrétaire du Comité pour l’intégration européenne auprès du gouvernement et Secrétaire du Conseil des ministres chargée de la coordination en matière européenne [voir www.becsa.org/ABSKEB/web_en_ABSKEB_6honorary.html]. Le 10 août 1995, elle devient Vice-ministre des Affaires étrangères en remplacement de M. Stanimir Alexandrov, dont elle reprend seulement les attributions relatives aux organisations internationales et à la coopération européenne.
A la démission du ministre des Affaires étrangères, Gueorgui Pirinski (16), elle est Premier Vice-ministre des Affaires étrangères et fait office de ministre des Affaires étrangères lors de la démission de ce dernier. [voir :www.terra.es/personal2/monolith/bulgaria.htm]

L’épisode des élections présidentielles des 27 octobre et 3 novembre 1996 est intéressant à rappeler car c’est lui qui permet à I. Bokova de se placer véritablement sur le devant de la scène politique nationale bulgare. A l’origine, le candidat désigné par le parti socialiste est l’ancien ministre des Affaires étrangères, Gueorgui Pirinski. Il doit faire équipe avec le ministre de la Culture, Ivan Marazov, en qualité de vice-président (17). Mais la Cour constitutionnelle décida que le candidat socialiste à la présidence de la République n’était pas « Bulgare de naissance » (18) comme l’impose la constitution (art. 93-2) (19). Un « ticket » de remplacement est alors formé par I. Marazov et I. Bokova. Après le catastrophique échec du gouvernement socialiste de J. Videnov [C.Chiclet : « La Bulgarie en 1996 : une crise généralisée », in L’Europe centrale et orientale, La documentation française, 1997, p. 59-70.], et malgré les efforts de leur directeur de campagne, un certain Gueorgui Parvanov [Voir www.b-info.com/places/Bulgaria/news/96-09/sep05.bta. G. Parvanov a été élu président de la République en 2001.], les candidats du B.S.P. recueillent au premier tour 1.158.204 voix (27,01 %) et 1.687.242 voix (38,9 %) au second tour (20).

Irina Bokova ne sera pas Vice-présidente de la République de Bulgarie mais elle est devenue alors une personnalité de la vie politique nationale.

En 2001, elle est élue députée sous l’étiquette de la « Coalition pour la Bulgarie » qui regroupe plusieurs « partis de gauche » sous la houlette du B.S.P. (21). La coalition remporte alors 17,15 % des voix et 48 sièges. Elle est membre de plusieurs commissions et devient même vice-présidente de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et de la Sécurité. A ce titre, elle est membre d’une délégation parlementaire bulgare, dirigée par D. Valtchev, qui est auditionnée par le Sénat en 2002. Elle prend position, comme représentante du PSB, pour l’adhésion de la Bulgarie à l’Otan et à l’UE.

A Sofia, sa notoriété et sa qualité d’anglophone lui servent à cultiver de nombreux contacts, elle est, par exemple, troisième vice-président du « Harvard Club of Bulgaria » [voir fichier format PDF http://clubs.harvard.edu/university/bulgaria/sr_meeting_23_09_2002.pdf .

En 2005, ayant certainement épuisé les charmes de la vie parlementaire bulgare, et forte de son expérience et de ses multiples contacts en Europe, I. Bokova a dû se souvenir qu’elle était diplomate de carrière et qu’elle pourrait continuer à servir son pays par d’autres moyens. Le poste à Paris étant disponible, Solomon Passi, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Siméon de Saxe-Cobourg, n’a sans doute pas eu trop de mal à convaincre G. Parvanov, l’actuel président de la République, de la nommer ambassadeur dans la capitale française. En juillet 2005, à peine arrivée à Paris, la presse bulgare se fait pourtant l’écho qu’elle pourrait devenir ministre des Affaires étrangères du premier gouvernement que tente alors de former le jeune leader du parti socialiste, S. Stanishev (22). Le 25 juillet 2005 [voir le Journal officiel n° 175 du 29 juillet 2005 : www.admi.net/jo/20050729/MAEP0550085G.html ], mettant ainsi un terme à ces rumeurs, elle présente ses lettres de Créance au président de la République française, Jacques Chirac.

Irina Bokova a écrit de nombreux articles ou rapports dont certains sont référencés (23) ou même accessibles sur internet (24).


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