Mon cher Morice,
On m’a conseillé de ne pas vous répondre, parce que vous voyez des fascistes partout. Je prends malgré tout le risque, au risque de me faire traiter de facho... ce ne sera jamais que la 10.000ème fois...
Je commence par la fin, en vous posant une question : seriez-vous assez aimable de citer les passages de mon texte qui approuvent le négationisme ? Non, vraiment, je serais intéressé, car je n’ai nulle souvenance d’avoir écrit quoi que ce soit dans ce sens. Si tel était néanmoins le cas, ne vous inquiétez pas : je demanderai à Julien Dray de m’exorciser.
Plus haut, vous écrivez : « les camps ont existé, il y a bien eu 6 millions de juifs de tués, il n’y a même pas à en discuter ». D’accord avec vous sur les deux premiers points, mais le troisième me pose problème, car il revient à interdire toute forme de travail à l’historien, sous couvert d’idéologie. Je n’apprécie pas Faurisson, je l’ai déjà écrit, mais votre hargne a quelque chose de choquant.
Plus généralement, sur la liberté d’expression : vous utilisez bien la vôtre pour me dénier l’usage de la mienne, il me semble. Je ne pense pas que le liberté d’expression consiste à pouvoir dire n’importe quoi, mais de toute évidence, si vous prétendez qu’au nom des limites qu’il convient de donner à celle-ci il faut enfermer Dieudonné, alors je crains qu’il ne trouve en votre personne le codétenu idéal.
Frédéric Alexandroff