bonsoir philippe,
enfin le plaisir de lire un de vos articles ! 
pour revenir à votre sujet, par le sang, je ne suis qu’à moitié française. en effet, mes grand-parents maternels sont venus en france après la première guerre mondiale.
ma grand-mère me racontait sa fierté d’avoir signé un contrat pour aider à reconstruire le pays qui les avait libéré de la tutelle russe et qui avait permis à la pologne de revivre.
elle et mon grand-père, appartenaient à classe des notables, et ont été envoyés comme mineur et fille de ferme, dans le nord. ils ont recommencé au bas de l’échelle.
toute leur vie, ils ont admiré cette france, pays de napoléon - l’amoureux de marie walesca (ma grand-mère était un grande romantique) - et de leur dieu vivant : charles de gaulle.
si une partie de leur coeur était resté en pologne, ils ont (re) bâti leur vie en france, car pour eux, c’était le pays de la liberté.
mes grands-parents paternels, étaient du sud-ouest. bon-papa ancien combattant à verdun, oncles et tantes résistants à l’occupation nazie (mon père ayant été un « accident », c’est en culottes courtes qu’il a traversé cette période), de gaulle s’imposait naturellement comme la référence de la grandeur de la france.
j’ai grandi dans une « certaine idée de la france » : des 2 côtés on mettait en avant, de manières différentes, la liberté, l’égalité et la fraternité ; mais aussi la solidarité... et le sens de la fête !
mon père étant aviateur, j’ai été nourrie des exploits d’hélène boucher, de saint-ex, de mermoz, de l’aéropostale, de guillaumet, des héros de la RAF, de ceux du normandi-niemen...
petite fille, j’aimais entendre les différentes musiques des accents de mes parents et grands-parents. j’ai adoré apprendre à lire et à me plonger dans cet univers sans fin qu’est celui des mots. bien que maintenant, ma mémoire me joue des tours, j’aime toujours en découvrir de nouveaux.
durant ma scolarité, j’ai fait la connaissance de descartes, montaigne, montesquieu, voltaire, diderot, hugo... puis vint jaurès, vian, blum, mendès-france...
jeune fille, je pensais que je vivais dans l’un des pays les mieux lotis du monde, où la dictature de franco n’existait pas, où l’apartheid de l’afrique du sud et la segrégation américaine n’avaient pas cours.
je me rappelle la formidable plaidoierie de gisèle halimi au procès de bobigny, l’émotion de simone veil à l’assemblée nationale pour faire passer la loi légalisant l’avortement.
en 1981, l’abolition de la peine mort...
j’ai moins aimé les ratonnades, charonnne, les guerres coloniales ; et le racisme, la xénophobie ainsi que l’antisémitisme ordinaires
ma france à moi, c’est celle de jean valjean, de marie curie, de jaurès, de guillaumet, de l’abbé pierre, de zidane, de jean hamburger, eva joly, coluche, laura flessel, christine aron, brahim asloum...
c’est celle qui a fait rêver chopin, beethoven, quincy jones, ray charles, oliver stone, woody allen, Gao Xingjian , samuel beckett...
celle qui est riche des apports de la francophonie : belges, suisses, quebequois, créoles, africains...
ma france est celle qui m’a été transmise par mes ainés, elle est généreuse, ouverte, bâtie autour d’une communauté multicolore, enrichie par toutes les cultures et tribus qui ont traversé « notre territoire », autour des valeurs de la république telles qu’inscrites dans la constitution :