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Commentaire de pigripi

sur Bavures policières : la culture de l'impunité


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pigripi pigripi 7 novembre 2009 11:12

Je n’ai pas de sympathie particulière pour les flics par lesquels je ne me sens absolument pas protégée ni aidée.
Toutefois, je dois reconnaître que les jeunes flics, dont pas mal de femmes, sont très différents de la vieille école qui ne connaissait que la cogne et picolait en cachette chez l’épicier arabe du coin, lequel n’osait rien dire.

Il faut savoir que le flic obéit à son commissaire, lequel obéit au préfet, lequel obéit au ministre de l’intérieur, lequel obéit au président.

D’autre part, la formation des flics est très insuffisante et leurs moyens limités. Une flic me racontait que lorsqu’elle recevait des femmes violées ou battues, elle ne pouvait que prendre sur elle car, malgrè les soit-disantes mesures annoncées, elle ne possédait aucune formation ni documentation pour orienter ces femmes.

Les flics sont utilisés comme des prestataires de services. On leur attribue des tâches non en fonction des besoins des citoyens mais en fonction des besoins des dirigeants.
Un jour on leur dit : aujourd’hui contrôle des permis. Ils contrôlent les permis et si il y a un tabassage sous leurs yeux, ils n’interviennent pas car ça ne fait pas partie de leur mission.
Un autre jour, on leur dit de faire le planton devant la mairie qui reçoit Delanoë, ils feront le planton, demanderont aux badauds de circuler et si sous leurs yeux un chauffard brûle un feu rouge et écrase un enfant, ils devront faire appel à une autre brigade.
Cette logique de la prestation est difficile à comprendre pour les citoyens.

Pour ce qui est des affrontements dans les cités ou les quartiers, il faut savoir qu’on y envoie les flics les plus jeunes, les plus inexpérimentés qui crèvent de trouille, à juste raison car ils savent qu’un cocktail molotov peut es faire griller tout vifs dans leur bagnole, sans compter les traquenards, les caillassages et les snipers.
Il faut aussi savoir qu’un jeune délinquant de quartier arrêté par les flics sera immédiatement défendu par une horde de ses semblables qui crieront au racisme et à l’injustice.

Quand un voleur de voiture ou de scooter est poursuivi par la police et sommé d’obtempérer, il appuie sur l’accélérateur et s’il part dans le décor, c’est la faute à la police qui n’a fait que son devoir.

Quand un assassin est jugé, comme celui de Sohane à Bobigny, toute la famille et les amis de l’assassin manifestent, hurlent, agressent les flics et les amis de la victime.

Certains flics sont révoltés de constater leur impuissance, de voir qu’on ne leur demande pas d’éradiquer la délinquance mais d’obéir aux ordres et, par exemple, de ne pas intervenir dans des quartiers qui craignent parce qu’on leur a fait comprendre que tant que les délinquants étaient dans cet abcès de fixation, ils n’étaient pas ailleurs ....

Je pense que focaliser sur l’impunité de la police, c’est regarder le problème par un tout petit bout de la lorgnette, la question du maintien de l’ordre et des moyens que lui donne la République étant à réviser de A à Z.


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