@ Italiasempre
En effet, c’est assez bizarre. Il faudrait revoir de très près le texte grec de Dion Cassius. Je ne connais pas le grec. Je persiste toutefois à penser qu’il ne s’agit pas d’une amitié personnelle qui remonterait à une fraternité d’armes. Comme je l’ai dit précédemment, la défaite de Bituit marque la soumission des Arvernes à Rome, laquelle, dans sa grandeur, leur a accordé son amitié, c’est-à-dire son alliance. Avant que Vercingétorix se révolte, la famille régnante respectait toujours l’alliance puisque son oncle ne voulait pas que l’on joue ainsi avec la fortune.
Le texte de Dion Cassius, si on l’interprète comme vous le pensez, est en contradiction avec la déclaration que César fait prononcer à Vercingétorix devant le dernier conseil d’Alésia, à savoir qu’il avait décidé d’offrir sa vie. En contradiction aussi avec Plutarque qui, pour une fois, me semble mieux renseigné et plus fiable. La supplication qu’il aurait adressée à César, selon Dion Cassius, si supplication il y eut, ne peut s’expliquer, selon moi, que pour demander la grâce pour sa cité et ses concitoyens, l’ancienne amitié étant celle de sa famille avec Rome et son représentant, César.
Je suis très sceptique quant à l’interprétation de M. Goudineau qui ne peut être qu’une hypothèse non prouvée. Je ne pense pas que Vercingétorix ait été naïf au point de croire que César allait le gracier. Cette interprétation à l’eau de rose est cousue de fils blancs et bonne pour faire pleurer dans les chaumières.
En revanche, je ne serais pas étonné que certains fassent état de cette interprétation pour ajouter au dénigrement du personnage. Je préfère m’en tenir au texte de César et à son jugement.