La pensée de Moralès est beaucoup plus profonde qu’on le croit. Il existe chez lui la conception d’une sorte d’harmonie naturelle entre la Terre nourricière et les humains qui l’habitent et la partagent avec toutes les espèces vivantes.
Si nous nous targuons, depuis peu, d’écologie, nous sommes à mille coudées de la conscience qu’ont les Indiens et les Latinos (non pollués par l’argent roi) del’importance du vivant, de sa diversité... Dans nos sociétés occidentales, l’écologie (« écologisme ») est une mode, et non un principe absolu (sinon, nous n’en serions pas rendus là où nous en sommes). La conscience d’autrui,(comme un autre soi-même) chez Moralès, est un second principe (un peu à la manière de la « common decency » chère à Orwell). (cf. Documentaire : Hartos Evos aqui hay, de Victor Ulloque et Manuel Ruiz Montalegre).
Ce discours, tout comme celui de Chavez, dérange car il s’incrit en faux par rapport à la pensée dite « post-moderne » de nos pays occidentaux basés sur le productivisme, l’individualisme, la soit-disant « libre concurrence » et l’argent roi.
Si nous voulons que ce XXI° siècle ne soit pas celui de toutes les Fins (fin des ressources, fin de l’humanité, fin de la planète nourricière), il serait bon de prendre en compte certaines formes de sagesses ancestrales (que nous avons gommées allègrement au nom de principes capitalistes), afin de faire régner la concorde, afin que tous ceux qui peuplent notre Terre puissent vivre décemment.
Nos gouvernements (des pays qui se prétendent civilisés) devraient réfléchir à autre chose qu’un futur immédiat, devraient reprendre le pas sur la toute puissance des lobbies financiers... Copenhague fut un exemple de non sommet et de soumission des Présidents, censés nous représenter, aux volontés des puissances financières.
Le Discours de Moralès, tout comme celui de Chavez tranchent avec les non discours concensuels des autres, et c’est en cela qu’ils sont dérangeants. Pourtant, ils invitent à réfléchir avant que le pire ne se produise.