Bonjour paul et bonne fête de fin d’année
Le verbe est essentiel mais il est aussi castrateur ? le
verbe est avant tout un son, un son qui se rapporte à l’objet désigné, la pomme
à sa fréquence et apple la sienne, les deux ne produiront une résonance que si
au préalable l’apprentissage de cette relation a été effectuer. C’est grâce aux
fréquences que nous découvrons notre univers.
C’est pour cela que la représentation d’un objet peut
induire les mêmes effets que la réalité, qu’une sonorité peut renvoyer à cet
objet.
L’image introduit le leurre s’il n’est pas fait l’apprentissage
de la distinction. Je ne sais pas si tu as eu l’occasion de lire j’ai mangé mon
père, mais le père et le fils qui ont trouvé avec des bouts de bois charbonneux
l’usage de la production d’image, dessinent sur la paroi de la grotte un
mammouth et le matin quand la tribu sort, effrayé, ils rentrent tous dans la
crotte pour récupérer leurs armes de chasse dont ils dardent le mammouth, mais
à leur grande déconvenue elles ne le pénètrent pas, l’auteur aurai pu embrayer
pour en faire une idole mais il n’a pas été jusque là.
Pour les objets la relation est facile, mais la vu de la
pipe, comme celle de la pomme peuvent éveiller l’émotion de fumer ou manger,
tout comme l’objet réel, c’est notre grand sujet existentiel la place de l’image
dans notre monde contemporain, ou la technologie permet au travers d’elle de
tromper et leurrer, tout comme de faire découvrir les lieux du monde ou nous n’irons
jamais.
En l’espèce tu traites de la distinction entre le réel et l’imaginaire
pour lequel nous ne disposons pas d’un langage construit et que l’on sépare en
faisant comme magritte, ceci n’est pas une pomme, sous entendu mais son image,
et le fait de ne pouvoir par le verbe mentionner cette distinction est l’objet
de manipulation.
C’est là qu’intervient le rôle castrateur du verbe. Quand un
être dit je t’aime à un autre, si nous situons ce mot sur une échelle de zéro à
l’infini, il occupe une place et désigne sa signification pour tous. Mais en
aucun moment il n’a la même valeur pour chacun car celle-ci va dépendre de sa
singularité de son unité existentielle le fait que l’on soit un est unique dans
un espace donné, le fait que personne ne puisse, mettre ses pieds au même
endroit que le mien au même instant.
Ainsi si chacun d’entre nous se place en amont ou en aval de
se mot sur l’échelle de zéro a l’infini, aucun mot de défini chaque
singularité, car à partir de là il ne serait plus possible de communiquer, (nous
nous retrouvons donc devant le problème de l’incertitude d’Heisenberg).
Pour autant sans aller au devant d’une impossibilité nous
pouvons construire des mots pour désigner les situations et les différencier.
Rien ne nous interdit de dire l’imapomme (l’image de la
pomme) ou l’imapipe, rien ne nous interdit d’avoir un langage pour l’illusion,
rien ne nous empêche de distinguer par celui-ci le réel de l’imaginaire, il
faut seulement que du temps s’écoule, ou que ceci devienne un apprentissage, il
resterait à savoir si la vu ou la sonorité de l’imapomme déclancherait l’émotion
de faim, car pour le cerveau tous ces mots ramèneraient à l’objet correspondant,
réel ou pas, bien qu’il sache distinguer celle qui se croque.
Et
la télévision ?
Elle
nous renvoie son temps, et elle nous trompe en exigeant de nous, que nous
fassions notre le sien, au nom de l’impartialité télévisuelle, alors que ce
n’est que celui du cadreur. Cette même télévision ne nous explique-t-elle pas
qu’elle nous fait vivre en direct instantané des événements qui se produisent à
l’autre bout du monde. Naturellement c’est faux. Nous n’avons ni l’odeur ni la
sensation ni une vue personnelle car il s’agit d’un langage commercial sélectif, d’une
réalité partielle, dont chacun tire l’émotion qui l’arrange. Ceci parce que
l’information nous arrive dans un temps que nous ne pouvons pas mesurer consciemment.
Cette
réalité ne nous est pas perceptible du fait de nos limites, mais l’intelligence peut la connaître et tenir en compte, au-delà des
luttes d’images émotionnelles.
Je
m’explique, je veux dire que l’image télévisée, n’est qu’une suite de photos.
Autant nous avons conscience qu’une photographie fixe un événement passé, et
suscite l’imaginaire, autant nous perdons cette réserve de vue, à cause du
mouvement qui est donné à la succession de photographies qui défilent, parce
qu’elles ressemblent à un instant de vie proche. Un événement retransmis n’est
qu’un fragment de vie, il est partiel et partial, il n’a toute sa valeur de
réalité qu’à partir du moment où vous l’avez vécu, ou que vous connaissez
l’histoire des événements qui l’ont emmené.
Sinon
le film d’un événement reste des photos qui nous parlent, comme nous disons
improprement, car le dialogue
c’est nous qui le faisons avec notre imaginaire. Nous en oublions trop souvent, que les médias et la
télévision en particulier sont un commerce d’audience. Ils sont une loupe
grossissante, tant ils sont le reflet de la notoriété
qui est sous-jacent en nous.
Ainsi, le seul fait
d’avoir réduit le temps à sa plus petite expression nous fait entrer dans la
vie virtuelle des autres, dont nous gardons le plus souvent des caricatures.
Sauf que nous, nous croyons connaître la vérité parce que nous en avons vu des
fragments.
Codialement.