Pour ne pas vivre comme des porcs, nous devrons refuser le sarkozysme !
Voilà ce que nous nous sommes dit (un verre à la main) ce 1er janvier 2010 !
Notre pays atteint un sommet en matière de dégénérescence
politique. Sans doute un débat sur l’identité nationale initié par la
gauche aurait pu dans un autre contexte prendre une autre tournure.
Débattre du rapport à l’Union européenne, des possibilités de
construire l’avenir à partir des conquêtes d’après guerre, d’un autre
contenu pour la « cohésion sociale » face aux crises, etc... aurait doute
débouché sur de sévères conflits comme la gauche française a l’art des
les produire et reproduire ; mais pas çà, pas ce à quoi nous avons
assisté via les médias.
La rupture initiée par Sarkozy a été de formaliser de multiples
divisions au sein du peuple-classe : entre ceux qui se lèvent tôt et
les autres, les bons étrangers intégrables et les autres. En pleine
crise venue du monde de la finance, il a montré du doigt les parasites
d’en-bas et couvert les parasites d’en-haut. Ce procédé est indigne. Il
est aussi celui typique du fascisme.
Une vision par trop antiraciste inciterait à ne voir que les
turpitudes de Hortefeux tant comme dirigeant d’un ministère de la honte
que comme homme public tenant des propos racistes. En fait c’est
l’ensemble de la politique de N Sarkozy qui a constitué une aubaine
pour les riches au détriment du peuple-classe. Pour mener à bien une
telle politique, en pleine crise, mettant des millions de personnes au
chômage ou en précarité il importait de faire diversion. Ce fut fait
avec Eric Besson fin 2009.
Le pseudo debat d’Eric Besson sur l’identité nationale a
sans doute libéré comme ce ne fut pas fait depuis les guerres
coloniales le flot de pulsions agressives, xénophobes et racistes.
Ainsi, même le site officiel dédié au débat a pu laisser apparaitre des
propos racistes. Rien de tel pour laisser accroire qu’il s’agit de
simples opinions. La légitimation du pire est survenu. En fait c’était
la cerise sur le gâteau !
Ces derniers mois de 2009, la droite s’est discréditée
d’être passé au Fn comme le PS s’est discrédité d’être passé à droite .
Il faut au peuple une vraie gauche ! (on trinque !)
Ces élites sont donc discréditées, délégitimées Les élites
n’ont pas être parfaites sans faute, sans erreur, mieux que le peuple.
Non. Point ici de dérapages disparaissant avec un pardon mais une vraie
politique, menée consciencieusement, mois après mois . Face ce qui
constitue beaucoup plus qu’une vulgaire politique de "crétinisation des
masses« adopter ce qu’Herbert Marcuse appelait »la tolérance
répressive" (1) serait une grave erreur. Nous ne tomberons pas dans ce
piège !
Accepter le système sarkozyste dans toutes ses dimensions
régressives revient tout bonnement à abandonner les alternatives dont
le peuple-classe a besoin. Ce peuple a un gros besoin de redistribution
fiscale, un gros besoin de service public, un gros besoin d’emploi
stable et bien rémunéré, un gros besoin de démocratie. Mais la
démocratie n’a rien à voir avec un lynchage xénophobe laissé à la
réaction. Démos le peuple, kratos le pouvoir, la démocratie c’est
laisser le pouvoir à tout le peuple y compris les résidents étrangers
durablement installés sur le territoire français. Par contre ceux qui
monopolisent le pouvoir loin du peuple sont hors de la démocratie, même
s’ils ont été un jour élu par le peuple. Notre démocratie n’est pas la
leur !
Ooups
1) Le concept de « Tolérance répressive » vient
d’Herbert Marcuse . Il écrit en 1964 : « Ce qui est proclamé et
pratiqué aujourd’hui sous le nom de tolérance sert au contraire la
cause de l’oppression. Le fait qu’on tolère la crétinisation
systématique aussi bien des enfants que des adultes par la publicité,
la libération des pulsions destructrices au volant dans un style de
conduite agressif, la tolérance impuissante et bienveillante vis-à-vis
de l’immense déception que suscitent la marchandisation, le gaspillage
et l’obsolescence planifiée, toutes ces choses ne sont pas des
aberrations, elles sont l’essence d’un système qui n’encourage la
tolérance que comme un moyen de réprimer les alternatives.