Bonjour dugué
Pour un début de moi’s tu n’as pas fait d’en le simple.
Dans la définition du fascisme et de son développement, j’en
suis resté à ses sources.
« L’Italie traverse après la première guerre mondiale
une période de forte inflation, appauvrissant les classes moyennes et
favorisant la montée des extrêmes.
Devant la peur des communistes, les classes moyennes, les patrons, la
bourgeoisie se tournent vers l’extrême-droite et Mussolini. Celui-ci crée les
ligues fascistes en 1919.
Les ligues sont transformées en parti fasciste en 1921 (...) »
C’est le minimum fasciste facile à cerner. Ensuite il faut
le suivre dans son évolution avec des constantes, des ruptures et des
accommodements.
Nous sommes dans une phase d’accommodements, il suffit de remplacé les mots en carractère gras par ceux nous occupant aujourd’hui.
Obligatoirement son développement passe par des
comportements caractéristiques. Jean Cottraux en a donné le résumé de sa
complexité.
Nous trouverons certainement le fascisme dans l’analyse du
moi, mais il ne peut se dissocier du temps et de l’espace, ceci est une
banalité, qui oblige à rechercher derrière une image changeante la structure
fascisante que l’on ne reconnaît plus.
Alors comme l’écrit Alain Badiou nous pouvons le renommer
par qu’ils n’a pas encore installé tous ses méfaits, mais ce jour là il sera
trop tard. Malheureusement c’est comme cela que nous avançons quand les faits
se mesurent avec exactitude, enfin presque.
Extrait du livre de jean Cottraux :Tyrans, narcisses et
victimes.
Les scénarios de vie en relation avec les troubles de la
personnalité n’aboutissent pas tous à des échecs ou à de la souffrance.
L’évolution dépend souvent de la tolérance du milieu ou de l’adhésion entre le
milieu social et le type de personnalité. Car le milieu social peut être
tolérant : la personne sera aimée, malgré et parfois à cause de ces
« travers », quand ils sont utiles au groupe.
Ainsi, une femme schizoïde, qui reste célibataire et
investit son travail, sera très disponible ; elle peut faire une brillante
carrière dans l’entreprise, l’enseignement ou la recherche. Cette version
moderne de la servante au grand cœur durera si chacun y trouve des bénéfices,
mais la crise du milieu de vie parfois vient réveiller des désirs enfouis, et
la vie enfuit devient le thème d’un nouveau scénario.
De la même façon, une personne qui est dans une position
dominante peut imposer son « style » de relation. L’histoire du
siècle passé est riche en personnalités narcissiques ou paranoïaques qui ont
réussi à imposer à un pays entier le culte de leur personnalité : Danube
de la pensée, Petit père des peuples, bien-aimé Führer, Grand Timonier, Leader
Maximo, Caudillo, Duce, Maréchal nous voilà, Empereur de centre Afrique…
A une échelle plus
modeste, la tyrannie minuscule des « petits chefs » peut aboutir à
des résultats identiques. Le harcèlement professionnel en est le résultat, et
il n’est pas toujours possible à la victime de sortir sans dommage de ce
scénario, surtout s’il s’agit d’une personnalité anxieuse. L’association d’un
harceleur à personnalité narcissique ou paranoïaque et une harcelée à
personnalité anxieuse. L’association d’un harceleur à personnalité narcissique
ou paranoïaque et d’une harcelée à personnalité évitante ou dépendante est
particulièrement fréquente. Elle entraîne une réaction chimique en vase clos,
là où une action juridique ferme et rapide serait utile.
De manière plus positive, la culture d’entreprise et le
culte du chef vont souvent de pair, car ils assurent la promotion de marque sur
un nom, et le narcissisme du consommateur n’y reste pas insensible. Les maîtres
du temps, le roi de la biscotte, l’Empereur de la cuisine lyonnaise, les
princes de la jet-set, le Chef de l’École française de karaté sophrologique, le
Connétable des lettres française, ou le Transcendant de l’ouvroir de
littérature potentielle sont là pour en témoigner, souvent avec talent.
Une personne narcissique, ou histrionique peut aussi
s’épanouir dans le show business ou les médias et ne pas avoir envie de
changer. C’est la venu de l’insuccès qui déclenchera une réévaluation du
scénario de vie : « J’ai renoncé au succès » devient le
leitmotiv des anciennes locomotives reconverties dans le cocooning, le
business, la psychothérapie ou la traversée du Lazarc à la recherche de Dieu.
En revanche, celui qui a réussi à imposer sa personnalité
reviendra peu sur lui-même : il est devenu l’auteur de sa propre vie et le
scénariste de celle des autres. Ces derniers vont subir le scénario d’une
soumission non désirée, à moins qu’ils ne trouvent le bonheur dans l’esclavage.
Les systèmes actuels de classification des troubles de la
personnalité, qu’il faut considérer avec
relativisme, doivent néanmoins posséder une certaine validité puisque,
depuis l’antiquité, sont décrits, à peu prés, les mêmes types de problèmes.
Néanmoins il faut garder à l’esprit que si la description des comportements est
observable, l’interprétation reste
spéculative. »
Nous retrouvons bien au
travers de cette vie par injonction le rôle de « l’acteur social. »
Pourtant, dans nos
croyances « conditionnelles » nous avons esseulé la personnalité pour
mieux la fondre dans la masse d’une culture « économico logique » (modèle
systèmiques), et nous expliquons que cette manière d’être permet de développer
l’individualité, pourvu que cette individualité soit faite d’un individualisme
égoïste et consommateur. D’où une tendance à la schizophrénie pour ceux qui y
souscrivent et se construisent leur caractère sur cette base : « j’existe
parce que je consomme ».
Si Descartes a écrit
cogito ergo sum (je pense donc je suis), nous pourrions écrire aujourd’hui en
ce qui concerne la société capitaliste : consumo ergo sum (je consomme
donc je suis.)
Dans les pays riches il
y a une permanence de surconsommation qui repose sur des comportements
pathologiques habilement induits et utilisés par tous les services commerciaux
et la publicité.
La publicité n’a d’égale
que les stimuli de la sonnerie du réflexe de Pavlov. Recherche de la nouveauté,
du sensationnel, recherche du mimétisme, de l’adaptation pour être dans la
norme. Dépendance à la récompense : dépendance à l’approbation sociale et
à son attachement. Persistance : l’image du battant, recherche de la
performance et de la réussite. Et tout ceci s’acquiert grâce à la consommation
du produit approprié.
Nous rejoignons donc l’image définie par Cottraux, et ta
question et parfaitement pertinante.
Cordialement.