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Commentaire de ddacoudre

sur Peut-on parler d'un fascisme du Moi ?


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ddacoudre ddacoudre 1er février 2010 12:16

Bonjour dugué

 

Pour un début de moi’s tu n’as pas fait d’en le simple.

 

Dans la définition du fascisme et de son développement, j’en suis resté à ses sources.

 

« L’Italie traverse après la première guerre mondiale une période de forte inflation, appauvrissant les classes moyennes et favorisant la montée des extrêmes.
Devant la peur des communistes, les classes moyennes, les patrons, la bourgeoisie se tournent vers l’extrême-droite et Mussolini. Celui-ci crée les ligues fascistes en 1919.
Les ligues sont transformées en parti fasciste en 1921 (...) »

 

C’est le minimum fasciste facile à cerner. Ensuite il faut le suivre dans son évolution avec des constantes, des ruptures et des accommodements.

 

Nous sommes dans une phase d’accommodements, il suffit de remplacé les mots en carractère gras par ceux nous occupant aujourd’hui.

 

Obligatoirement son développement passe par des comportements caractéristiques. Jean Cottraux en a donné le résumé de sa complexité.

 

Nous trouverons certainement le fascisme dans l’analyse du moi, mais il ne peut se dissocier du temps et de l’espace, ceci est une banalité, qui oblige à rechercher derrière une image changeante la structure fascisante que l’on ne reconnaît plus.

 

Alors comme l’écrit Alain Badiou nous pouvons le renommer par qu’ils n’a pas encore installé tous ses méfaits, mais ce jour là il sera trop tard. Malheureusement c’est comme cela que nous avançons quand les faits se mesurent avec exactitude, enfin presque.

 

Extrait du livre de jean Cottraux :Tyrans, narcisses et victimes.

 

Les scénarios de vie en relation avec les troubles de la personnalité n’aboutissent pas tous à des échecs ou à de la souffrance. L’évolution dépend souvent de la tolérance du milieu ou de l’adhésion entre le milieu social et le type de personnalité. Car le milieu social peut être tolérant : la personne sera aimée, malgré et parfois à cause de ces « travers », quand ils sont utiles au groupe.

Ainsi, une femme schizoïde, qui reste célibataire et investit son travail, sera très disponible ; elle peut faire une brillante carrière dans l’entreprise, l’enseignement ou la recherche. Cette version moderne de la servante au grand cœur durera si chacun y trouve des bénéfices, mais la crise du milieu de vie parfois vient réveiller des désirs enfouis, et la vie enfuit devient le thème d’un nouveau scénario.

De la même façon, une personne qui est dans une position dominante peut imposer son « style » de relation. L’histoire du siècle passé est riche en personnalités narcissiques ou paranoïaques qui ont réussi à imposer à un pays entier le culte de leur personnalité : Danube de la pensée, Petit père des peuples, bien-aimé Führer, Grand Timonier, Leader Maximo, Caudillo, Duce, Maréchal nous voilà, Empereur de centre Afrique…

 A une échelle plus modeste, la tyrannie minuscule des « petits chefs » peut aboutir à des résultats identiques. Le harcèlement professionnel en est le résultat, et il n’est pas toujours possible à la victime de sortir sans dommage de ce scénario, surtout s’il s’agit d’une personnalité anxieuse. L’association d’un harceleur à personnalité narcissique ou paranoïaque et une harcelée à personnalité anxieuse. L’association d’un harceleur à personnalité narcissique ou paranoïaque et d’une harcelée à personnalité évitante ou dépendante est particulièrement fréquente. Elle entraîne une réaction chimique en vase clos, là où une action juridique ferme et rapide serait utile.

De manière plus positive, la culture d’entreprise et le culte du chef vont souvent de pair, car ils assurent la promotion de marque sur un nom, et le narcissisme du consommateur n’y reste pas insensible. Les maîtres du temps, le roi de la biscotte, l’Empereur de la cuisine lyonnaise, les princes de la jet-set, le Chef de l’École française de karaté sophrologique, le Connétable des lettres française, ou le Transcendant de l’ouvroir de littérature potentielle sont là pour en témoigner, souvent avec talent.

Une personne narcissique, ou histrionique peut aussi s’épanouir dans le show business ou les médias et ne pas avoir envie de changer. C’est la venu de l’insuccès qui déclenchera une réévaluation du scénario de vie : « J’ai renoncé au succès » devient le leitmotiv des anciennes locomotives reconverties dans le cocooning, le business, la psychothérapie ou la traversée du Lazarc à la recherche de Dieu.

En revanche, celui qui a réussi à imposer sa personnalité reviendra peu sur lui-même : il est devenu l’auteur de sa propre vie et le scénariste de celle des autres. Ces derniers vont subir le scénario d’une soumission non désirée, à moins qu’ils ne trouvent le bonheur dans l’esclavage.

 

Les systèmes actuels de classification des troubles de la personnalité, qu’il faut considérer avec relativisme, doivent néanmoins posséder une certaine validité puisque, depuis l’antiquité, sont décrits, à peu prés, les mêmes types de problèmes. Néanmoins il faut garder à l’esprit que si la description des comportements est observable, l’interprétation reste spéculative. »

 

Nous retrouvons bien au travers de cette vie par injonction le rôle de « l’acteur social. »

Pourtant, dans nos croyances « conditionnelles » nous avons esseulé la personnalité pour mieux la fondre dans la masse d’une culture « économico logique » (modèle systèmiques), et nous expliquons que cette manière d’être permet de développer l’individualité, pourvu que cette individualité soit faite d’un individualisme égoïste et consommateur. D’où une tendance à la schizophrénie pour ceux qui y souscrivent et se construisent leur caractère sur cette base : « j’existe parce que je consomme ».

Si Descartes a écrit cogito ergo sum (je pense donc je suis), nous pourrions écrire aujourd’hui en ce qui concerne la société capitaliste : consumo ergo sum (je consomme donc je suis.)

Dans les pays riches il y a une permanence de surconsommation qui repose sur des comportements pathologiques habilement induits et utilisés par tous les services commerciaux et la publicité.

La publicité n’a d’égale que les stimuli de la sonnerie du réflexe de Pavlov. Recherche de la nouveauté, du sensationnel, recherche du mimétisme, de l’adaptation pour être dans la norme. Dépendance à la récompense : dépendance à l’approbation sociale et à son attachement. Persistance : l’image du battant, recherche de la performance et de la réussite. Et tout ceci s’acquiert grâce à la consommation du produit approprié.

 

 

Nous rejoignons donc l’image définie par Cottraux, et ta question et parfaitement pertinante.

 

Cordialement.


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