Je partage vos analyses, sauf sur un point : vous rejetez la responsabilité de la situation sur les gouvernements et les pleutres du privé (je suppose que vous n’insinuez pas que les fonctionnaires se tirent aussi une balle dans le pied).
Or je pense que vous oubliez 2 composantes : les syndicats et justement les fonctionnaires eux mêmes !.
Dans les années 60/70, chaque combat, mené individuellement ou collectivement, amenait un gain pour tous. Il y avait des grèves locales ou générales, qui aboutissaient tôt ou tard sur des avancées sociales générales.
Puis le contexte a changé. Le chômage a touché ceux que vous appelez les veules et les rêves créés par les « utopies » ont disparus avec elles.
Ni les Syndicats, ni les Fonctionnaires (SF) n’ont compris la terreur créée par cette nouvelle situation, ni les chantages faits aux « veules » pour qu’ils arrêtent les combats. Tous « protégés » par leur statut, les SF n’étaient pas concernés !
Si les luttes des SF s’était focalisée sur les combats « pour tous », ou au moins la défense collective des acquis (vous conviendrez j’espère qu’il est plus facile de faire grève quand on ne risque ni son emploi, ni son augmentation, ni son évolution statutaire), les autres auraient pu se sentir soutenus et revenir dans la lutte.
Mais les SF ont continué sur des combats de progrès social ciblés dont maintenant ils devenaient les seuls bénéficiaires.
Chaque victoire des SF était alors vécue par les non SF comme une défaite ou un déclassement social.
Les gouvernants et libéraux ont eux bien compris la fracture, et se sont jetés dedans pour effectivement transformer une nation unie dans le progrès en micro groupes aux intérêts divergeants : diviser pour régner !
Contrairement à vous, je pense donc que le manque de clairvoyance des syndicats et des fonctionnaires a été le tapis rouge présenté aux libéraux pour casser l’unité sociale, et maintenant démanteler les acquis qu’elle avait su générer.
Et que tant que les positions des SF resteront figées, le démantèlement se poursuivra pour le grand profit des actionnaires, et les beaux hochets des politiques.