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Commentaire de eric

sur Eric Woerth, le classisme et le « politiquement correct »


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eric 9 février 2010 09:46

A l’auteur : Monsieur, votre article est à la fois inquiétant et rassurant., mais il n’en reste pas moins dangereux

Inquiétant car derrière une tentative d’actualisation d’un langage de triste mémoire, destiné à le rendre plus acceptable, on ne peut que reconnaître la terrible frustration des classes moyennes intellectuelles insatisfaites de leur statut social qui cherchent désespérément à l’extérieur d’elles même, les coupables de leurs frustrations personnelles. De la Saint Barthélémie au évènements Yougoslaves, en passant par les socialismes nationaux ou internationaux, ce sont les gens tenant ce type de discours qui ont toujours été à l’origine des plus grandes catastrophes de notre histoire. On retrouve en particulier cet espèce d’ésotérisme fumeux du discours qui tente de se présenter comme rationnel derrière des concepts sans consistance qui n’est pas sans rappeller le latin de basse cour des frères précheurs qui exigèrent l’élimination des juifs en espagne, des protestants en France et des Koulaks en russie. L’appel au meurtre de bouc émissaires.

Il est un peu rassurant car il fait mine de prendre soin de distinguer entre les personnes et les fonctions. j’imagine que c’est un des acquis de l’épisode psychanalytique de la pensée de gauche. Dés lors que personne n’est responsable, personne ne saurait être coupable. Même si il y a là un régression certaine pour l’intelligence, il y a un progrès pour l’humanisme.
Enfin, en appelant résolument à une action décisive qui consiste à afficher une photo et à la cribler de fléchettes, il situe assez bien le danger réel que l’on est en droit de craindre en ce qui vous concerne personnellement.

Il reste dangereux, car il est dans la ligne de celui de vos homologues théoriciens qui prennent soin de se dédouaner en appelant à « la violence citoyenne civile non violente » et font mine de ne pas comprendre quand des âmes plus faibles ou moins hypocrites prennent leurs écrits au pieds de la lettre.
Le jeune militant de base un peu frustre, après avoir été convaincu que « l’ennemi, et non l’adversaire », est un vampire haineux assoiffé du sang du travailleurs, méprisant les humains et réduisant à la mort par inanition la moitié de la planète, parviendra-il encore à distinguer l’homme et la fonction  ? Ayant qualifié vous même l’ennemi d’inhumain barbare, etc... vous apportez une justification théorique à son éradication même si vous prenez soin de vous en dédouaner par avance.
Il y a un bouquin dont le nom m’échappe qui étudie la rhétorique qui à conduit à l’assassinat d’Henry IV. Il est assez plaisant de voir à quel point votre discours est similaire. Aprés avoir rapellé le respect chrétien de la vie, les frères pr^cheurs déroulent votre discours, comme vous, sans aller jusqu’au bout, laissant au lecteur le soin de conclure logiquement que le meurtre est en réalité la seule solution. Curieux comme l’histoire tourne en rond.

J’imagine déjà votre vertueuse indignation quand un foutraque au lieu de poser des fers à béton sur les lignes du TGV mettra une bombe chez Woerth. NON, je n’ai pas voulu cela ! d’ailleurs j’ai bien écrit qu’il fallait distinguer les personnes et les fonctions.

Vous faites cela en toute connaissance de cause ?


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