Un membre de l’administration Obama réclame « l’infiltration cognitive »
des « groupes de conspiration sur le 11 septembre »
Dans un article académique de 2008, la personne nommée par
le président Barack Obama à la tête de l’Office of Information and
Regulatory Affairs (Bureau de l’Information et des Affaires
réglementaires) a recommandé l’« infiltration cognitive » des groupes
qui mettaient en oeuvre la promotion des « théories de conspiration »
comme celles entourant le 11 septembre.
Cass Sunstein,
professeur de droit à Harvard, est le co-auteur de cet article intitulé
« Conspiracy Theories : Causes and Cures » (Les théories de
conspiration : les causes et les remèdes), dans lequel il soutient que
le gouvernement devrait infiltrer furtivement les groupes présentant des
théories alternatives sur des événements historiques par le biais des
« forums de discussion, des réseaux sociaux en ligne ou même des groupes
en espaces réels et tenter de miner » ces groupes.
À titre de
directeur de l’Office of Information and Regulatory Affairs, M. Sunstein
est responsable de la « supervision des politiques liées à la vie
privée, de la qualité de l’information et des programmes statistiques »,
selon le site Web de la Maison-Blanche.
L’article de M.
Sunstein, publié dans le Journal of Political Philosphy en 2008 et
découvert récemment par le blogueur Marc Estrin, stipule : « [N]otre
principale affirmation est que les théories de conspiration découlent
non pas de l’irrationalité ou de la maladie mentale, mais d’une
“épistémologie invalide”, venant sous la forme d’un nombre extrêmement
limité de sources informationnelles (pertinentes) ».
Par
« épistémologie invalide », M. Sunstein veut dire que les personnes
croyant aux théories de conspiration ont un nombre limité de sources
d’information auxquelles elles font confiance. Par conséquent, M.
Sunstein avance dans l’article que le simple fait de réfuter les
théories de conspiration en public ne fonctionnerait pas : il faudrait
infiltrer les sources mêmes en lesquelles les théoriciens de
conspiration croient.
M. Sunstein,
dont l’article se concentre largement sur les théories de conspiration
du 11 septembre, suggère que le gouvernement « enrôle des représentants
non gouvernementaux afin de réfuter ces théories. Cela pourrait garantir
que ce sont des experts indépendants crédibles qui présentent la
contestation plutôt que des administrateurs gouvernementaux. Il existe
toutefois un compromis entre la crédibilité et le contrôle. Le prix de
la crédibilité est que l’on ne peut pas voir que le gouvernement
contrôle les experts indépendants.
Téléchargez
l’article en PDF ici.
M. Sunstein a
par ailleurs soutenu que « le gouvernement pourrait employer des
tactiques (légales) pour briser les groupes cognitifs serrés qui mettent
de l’avant des théories extrêmes ». Il a suggéré que les « agents du
gouvernement (et leurs alliés) se joignent à des forums de discussion, à
des réseaux sociaux en ligne ou même à des groupes en espaces réels et
tentent de miner des théories de conspiration en propagation en
soulevant des doutes à propos de leurs fondements factuels, de leur
logique causale ou de leur incidence pour l’action politique ».
« Nous nous
attendons à de telles tactiques de la part d’agents d’infiltration ou du
FBI, écrit M. Estrin sur Rag Blog, exprimant sa surprise quant à
l’appui d’une telle stratégie par un « conseiller présidentiel de haut
rang ».
M. Estrin
souligne que, M. Sunstein préconise l’infiltration de groupes
« extrémistes » afin de saper la confiance de ces groupes au point où
« les nouvelles recrues seront suspectes et les participants des réseaux
virtuels de ces groupes douteront de la bonne foi l’un de l’autre ».
M. Sunstein a
été lui-même la cible de nombreuse « théories de conspiration »,
principalement de la chambre d’écho politique de droite et des émissions
de chaises conservatrices prétendant qu’il est en faveur du décret d’un
“second Bill of Rights”, lequel abolirait le deuxième amendement. Le
dernier livre de M. Sunstein, « On Rumors : How Falsehoods Spread, Why We
Believe Them, What Can Be Done » (Les rumeurs : comment les mensonges
se propagent, pourquoi nous les croyons, ce que nous pouvons faire) a
été critiqué par certaines personnes de droite et qualifié de « plan
directeur pour la censure en ligne ».
M. Sunstein
« désire détenir des blogues et des hébergeurs Web responsables des
remarques des commentateurs sur les sites Web, tout en changeant les
lois sur la diffamation afin qu’il soit plus facile d’intenter un procès
pour propagation de “rumeurs”, écrit Ed Lasky sur American Thinker.
Article en
anglais : Obama Staffer Calls for « Cognitive Infiltration » of "
9/11 Conspiracy Groups", publication originale, le 15 janvier
2010.
Traduction
de l’anglais : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.