Cet article est remarquable dans l’art de dénoncer tout et son contraire : l’ultra-libéralisme, les Verts, les alter-mondialistes, le capitalisme et l’anti-capitalisme, le communisme, les journalistes, l’industrie, les services, etc... Tout y passe. C’est à croire que quel que soit le point de vue analysé, son classement vertical n’a le choix qu’entre deux poubelles : « récupération par le système » ou « opposition stérile ».
La cerise sur le gâteau, c’est une enième version du sophisme « le réchauffement est une arnaque parce qu’il est récupéré par le système ». Il y a bien les « faits » énoncés dans la note n° 14 qui prétendent « démontrer » la réalité de l’arnaque ; malheureusement ces « faits », soit ne s’appuient sur rien (1% de réchauffement anthropique dans le réchauffement naturel, ah bon ?), soit répercutent des non-événements (l’affaire des mails, qui a pu être montée en épingle grâce à une mise hors contexte). Il est d’ailleurs amusant de voir que pour l’occasion, un quotidien conservateur (donc pro-système) retrouve toute sa crédibilité - pourtant descendue en flammes dans la note n°18 - dès lors qu’il discrédite le président du GIEC.
Bref, un article fourre-tout qui se contredit lui-même, mais habile dans l’art de cacher ses vices sous un vernis de vocabulaire élaboré et de phrases alambiquées. Dommage car certains constats sont justes, comme par exemple la dénonciation de la recherche du bonheur dans l’accumulation matérielle, l’impossible moralisation d’un système amoral ou encore la capacité du système à faire feu de tout bois et à tout récupérer à son profit. Mais un sérieux élagage ne serait pas superflu.