En dehors du fait que Le Horla m’a profondément ennuyé à l’époque où je l’ai lu et me semble daté, j’aimerais que l’auteur m’explique comment une maladie mentale peut se propager par le biais d’articles, de documentaires et de conférences. Cette « maladie » s’appelle une bonne argumentation, j’en suis navré. En faisant l’impasse sur ce processus, l’article tente de perpétuer le cliché du « conspirationniste » trouvant dans sa propre imagination une explication simple à un monde trop compliqué pour lui, cliché démenti par les faits et par le parcours des gens qui composent le Mouvement pour la vérité.
Ma propre histoire est tout à fait banale : après avoir cru dur comme fer à la version officielle et avoir repoussé toutes les occasions de réfléchir à la théorie dite « du complot » (gardons l’expression pour simplifier), en octobre 2006 je tombe par hasard et à mon insu sur Loose change. La surprise fut telle que j’arrêtais toutes mes autres activités pour me consacrer à la question de savoir qui me mentait, d’internet ou des médias. Depuis, j’ai lu un nombre considérable d’articles et de livres, vu beaucoup de documentaires, assisté à de nombreuses conférences et discuté de 11 septembre avec de nombreuses personnes. J’ai aussi fouillé (ce fut mon premier réflexe) les archives des journaux français, étape qui fut brève puisqu’un grand vide caractérise la presse sur ces questions, et c’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui. Trois ans plus tard, j’ai passé des centaines d’heures sur le sujet, peut-être un millier. L’auteur comprendra par conséquent que son article sans scoop ne me fasse pas lever un sourcil. Il plaît par contre aux gens du même bord mais son ambition s’arrêtait peut-être là ?
Puisque l’auteur s’intéresse à la psychologie, qu’il jette donc un oeil à la dissonance cognitive, autrement dit au fait que le cerveau humain préfère continuer à croire ce qu’il croit déjà. Cela ne signifie pas que le cerveau ne puisse pas changer d’avis mais que le changement d’avis est le plus difficile, puisqu’il implique de réexaminer aussi les connaissances attachées. Le rejet immédiat de la proposition de révision épargne à l’individu le travail de réexamen non seulement de la connaissance visée par la proposition de révision, mais aussi des connaissances connexes. Toujours dans la psychologie, que l’auteur jette aussi un oeil à l’expérience de Milgram, à la mode ces temps-ci, et à l’expérience de Asch, expériences qui disent que le cerveau humain préfère suivre l’autorité et l’avis du plus grand nombre. L’auteur conviendra avec moi, je l’espère, que le rejet par facilité, le rejet par soumission à l’autorité et le rejet par conformisme ne relèvent pas d’un raisonnement logique rigoureux et sont donc à exclure. À moins que les deux thèses soient parfaitement égales et qu’elles expliquent les faits aussi bien l’une que l’autre, et qu’on n’ait rien d’autre pour les départager que par exemple un vote (l’argument du nombre). Sur le 11 septembre, étant donné que depuis 9 ans la majorité des médias répète à l’envi les déclarations des autorités, un royal 0,1% de temps d’antenne étant généreusement alloué aux contestataires, nous avons les 3 effets cumulés et l’auteur conviendra avec moi, j’espère toujours, qu’il faut une sacrée dose d’énergie pour aller jusqu’à examiner sérieusement et attentivement le dossier du 11 septembre aujourd’hui, après un tel matraquage de pensée unique. Effort que la plupart des gens ne font pas...