Monsieur Péréol :
vous pouvez certes balayer ma question à Monsieur Franc d’un revers de la main,
mais celle-ci relevait simplement de la curiosité et a été motivé par la
lecture de votre article ; enfin elle ne me semble pas idiote ou
hors-sujet ni même relever de votre conclusion : « Retour à l’équilibre de Nash : ce n’est
pas ce genre de croyance, même asséné avec force qui peut contredire ou
débattre du fait que la laïcité est un trait de l’Etat et exclusivement de
l’Etat. »
L’équilibre de
Nash appartient à la Théorie des Jeux, vous pouvez assimiler cela à de la
Croyance, mais cela me semble quelque peu erroné voir une simple manifestation
de dédain pour la réflexion d’autrui : l’évocation de ce concept n’entame
en rien le caractère avant tout étatique de la Laïcité et renvoie parfaitement
à votre article : puisque vous-même analysé la situation actuelle comme
étant un choix opéré par un des acteurs concernés pour, selon vos propres mots, une laïcité-athéisme d’Etat : nous avons donc bien un
choix/décision unilatéral opéré par un des joueurs/agents.
« La laïcité est un attribut de l’Etat. La
laïcité est le principe qui oblige l’Etat à réguler les relations des religions
entre elles et avec lui, dans une indifférence méthodique et le choix de la
liberté du citoyen. La laïcité de l’Etat est la garantie de la pratique
religieuse des citoyens. »
L’évocation de l’équilibre
de Nash renvoyait à votre propre article comme déjà dit : vous employez
les termes réguler, relations, choix et faites intervenir divers agents :
Etat, Religion/Eglise, Citoyen(s) : nous avons donc bien une situation d’interaction
entre n agents, chacun optant pour tel ou tel choix en considérant ceux opérés
par les autres : là intervient ma question quant à l’équilibre de Nash :
la finalité étant la notion de stabilité et donc d’un système où les interactions
entre Etat/Religion/Citoyen seraient stabilisées et non soumises à des mesures
d’exceptions, des raccommodages, des lois sur commande, etc…ce que vous me
semblez d’ailleurs dénoncé : cette notion d’équilibre de Nash renvoyant à
la notion de stabilité et non d’optimum : une situation où chacun des
agents Etat/Religion/Citoyen n’aurait aucun intérêt à changer unilatéralement
de stratégie car aucun gain possible en perspective.
A nouveau, c’est
votre article qui m’a poussé à faire ce parallèle : vous pouvez renvoyer
Nash à la Croyance : il n’empêche que ce principe a et est toujours utilisé
dans maints domaines : stratégie militaire, décisionnelle, politique,
cybernétique, biologie évolutionnaire, économie, psychologie, etc…
Vous écrivez :
« Nous avons renoncé à ce principe. Nous
appelons maintenant laïcité un athéisme d’Etat, conçu comme une commande faite
au citoyen de manifester publiquement un athéisme. »
Non, un des
agents (Etat) a fait un choix unilatéral sans tenir compte des choix/décisions
opérés par les autres agents (Religion/Citoyen) d’où situation instable, que
vous illustrez ainsi : « Pour
le citoyen, cette demande de coupure entre le visible (public) et l’invisible
(privé) n’est pas tenable sur le long terme. C’est une demande de
schizophrénie ! »
A nouveau, l’évocation
de l’équilibre de Nash et de ce qu’il entend n’est pas si idiot : chacun
des agents concernés a un nombre fini de stratégies possibles dans sa prise de
décision/choix : que ce soit l’Etat, les Eglises, le(s) citoyen(s) tous
sont soumis à des limitations : Constitution, Loi, Droit, Dogme, règles, principes,
structure, organisation, hiérarchie, etc…
Ainsi donc votre référence
à la schizophrénie du citoyen ainsi que votre conclusion : « Il nous faut revenir à la laïcité : une
obligation de l’Etat pour permettre la liberté de religion et non pas un
athéisme d’Etat qui commande une schizophrénie du citoyen. » ne fait
que rendre compte à nouveau de l’instabilité du système actuel, où les
interactions ne se fondent pas sur des choix en fonction des autres agents
concernés mais par un choix unilatéral :
un système stable : ce qui n’entend
pas optimal et donc n’entend pas non plus la satisfaction totale de chacun des
agents Etat/Religion/Citoyen se fonderait sur des choix où chacun des agents à
la fois opterait pour une stratégie possible dans un ensemble fini mais aussi
sur le choix opéré par les autres agents ; et ainsi il y aurait stabilité
du moment qu’aucun des agents ne trouverait aucun gain à changer unilatéralement
de stratégie : la laïcité concernant l’Etat, et la stabilité étant un élément
clé pour une bonne ou juste politique ; les religions étant stables par
définition car dogmatiquement limitées dans leur capacité au changement, les
individus (supposés doués de raison) quant
à eux agissent sur l’Etat par leur choix politique : tous ces agents ont donc
intérêt à la stabilité.
Voilà quel était
le but de ma question.