Monsieur Péréol,
Désolé donc du
malentendu, mais un nouveau malentendu semble apparaître : « Dans votre acception, que je n’avais pas
perçue, je ne doute pas que vous m’en excusiez simplement, je ne vois pas
l’équivalence entre Citoyen, Etat et Religion dans un jeu. Qu’est-ce qu’un coup
dans le jeu tel que vous le voyez ? »
Par référence à l’équilibre
de Nash, je renvoyais à la Théorie des Jeux, et qui n’entend pas forcément le
sens que vous accordez au terme jeu : pour faire simple et rapide :
la Théorie des Jeux est une approche mathématique de problèmes de stratégie et des
comportements en situation d’interactions : comportements prévus, réels, ou justifiés
a posteriori des agents interagissant,
et donc recherche des stratégies optimales : ou si vous préférez un ensemble d’outils
facilitant l’analyse et la compréhension des situations d’interaction entre n décideurs
rationnels et où chaque choix a des conséquences pour chacun des n agents de même
que pour leurs chances de succès (atteinte des objectifs fixés)
(d’où mon usage
des termes agents et joueurs afin d’illustrer que je ne me référai pas strictement aux jeux
de loisirs ou société mais bien du jeu conçu comme système connaissant interactions
entre n agents)
Les hypothèses de
départ sont : 1) la rationalité des agents/joueurs interagissant ou
interdépendants tout en ayant des objectifs indépendants 2) leur connaissance des
stratégies ou choix des autres agents ; leur capacité à anticiper le
comportement des autres agents et ainsi une prise de décision tenant compte de
ces informations.
Ainsi , toute
activité humaine peut être l’objet d’un jeu, ou s’inscrire dans un jeu :
politique, économie, éducation, etc…le jeu n’entend ici pour limites : 1)
la limitation dans le temps, 2) un nombre fini de joueurs ; 3) une règle
du jeu régulant la liberté des joueurs dans le cadre défini du jeu. Vous pouvez
aussi considérer cette notion de jeu comme une manière de représenter le monde en
tout ou partie : la transposition dans un objet concret (jeu) de systèmes de
valeurs ou systèmes formels abstraits.
La théorie des
jeux s’intéresse principalement à deux types de jeux : jeu à somme nulle (ce qui est gagné par l’un
est perdu par l’autre, et réciproquement d’où somme des gains de tous les
joueurs est égale à 0 : exemple : le jeu d’échecs) mais plus souvent :
jeu à somme non-nulle ( ce qui
est gagné par un agent ne correspond pas nécessairement à une perte pour un autre
agent : plus largement les résultats peuvent être soit profitables pour tous (les n agents), soit dommageables pour tous exemple
: la politique, la diplomatie, les affaires)
Mais la Théorie
des Jeux trouve des applications ou utilisation dans de nombreux domaines :
dés lors qu’un ensemble de n agents interagissent et se doivent donc d’opérer des
choix/décisions avec finalité ou objectif défini(e) : les divers principes et concepts de cette théorie
peuvent avoir une pertinence ou un intérêt : économie principalement
(stratégie décisionnelle), politique (stratégie diplomatique, relations
internationales, négociation, etc…), psychologie, sciences sociales, biologie
évolutionnaire, etc…
D’où ma question
à Monsieur Franc : la laïcité relevant bien de situations où les agents
Etat, Eglises, Citoyens interagissent voir sont interdépendants, et donc
opèrent des choix en fonction des autres agents : chacun ayant ses
objectifs propres.
Dans votre
article, vous précisez vous-même ces interactions ou les choix ou décisions
auxquels aboutissent/sont contraints certains de ses agents (Etat, Citoyens) :
en reprenant votre article, l’Etat apparaissant opérer le choix suivant :
laïcité conçue comme athéisme d’état ce qui impacte directement un autre agent :
Citoyens dont l’état schizophrénique que vous lui supposez ressemble à s’y
méprendre à une situation où cet agent citoyen se retrouve dans l’impossibilité
de prendre une décision (séparer privé (croyance) et public (légalité) ) :
pris entre l’Etat d’un côté et l’Eglise de l’autre : ces mêmes agents
eux-même dépendants de l’agent citoyen/fidèle : question donc : les
dés sont-ils pipés ?
Quant à la
pertinence de cette question : la réponse de Franc apporte un début d’éclairage
me semble-t-il.