En développant
plus avant (rapidement), on voit à quel point cette récupération du terme ou concept de
jihad autant du côté islamiste que du côté occidental : 1) nous
fait sortir du Religieux ; 2) sert les intérêts de ce
modèle de société vers lequel on tend et qui se veut autant global qu’exclusivement économique : un système
fondé sur le Particulier et par un conditionnement constant.
Pour les
islamistes, les populations musulmanes d’Occident sont à la fois une cible
potentielle (à entendre recrutement) mais aussi un danger :
Elles sont un
vivier de recrues, pour deux raisons principales et donc deux optiques : 1)
les populations musulmanes occidentales sont principalement issues de
migrations Sud/Nord et donc de fait forment des minorités fragilisées autant
socialement qu’économiquement ; sans compter l’évolution dans un contexte
culturel différent et l’idéalisation du pays d’origine, des racines ; 2)
elles ont aussi accès à l’éducation plus facilement, elles constituent donc
aussi une réserve d’intelligence, de cerveaux.
Le recrutement est
de plus en plus facilité par le double phénomène conjoint d’ostracisation/communautarisation
impactant ces communautés, conséquent 1) à la médiatisation des actions
terroristes et 2) à une certaine propagande médiatique islamophobe
supportant dans les opinions occidentales les actions US et donc la stratégie
globale américaine :
ainsi autant les
islamistes usent des médias pour accroître l’effet de leurs actions et
accroitre leur influence soit politique soit religieuse, autant un traitement
médiatique orienté côté occidental peut atteindre les populations musulmanes occidentales
par assimilation aux terroristes ou islamistes : dans un cas par réflexe
de méfiance, dans l’autre par volonté manifeste : résultat retour au Nous autant
chez les autochtones (ostracisation) que chez les populations musulmanes
(communautarisation) :
retour au Nous,
et mise en emphase des particularités : qui soit sert au modèle de société
qu’on nous destine (le multiculturalisme négatif
fondé non sur la Culture (communauté humaine et lien social) mais le
Particulier (comportements et pratiques consommatoires) ) et supporte l’idéologie
du Choc civilisationnel , qui soit accroît l’influence des courants islamistes
sur des populations fragilisées par leur statut de minorité pouvant être perçue
comme cinquième colonne, ennemi de l’intérieur…
Ce double effet
ostracisation/communautarisation ne faisant que s’amplifier avec le temps l’une
se nourrissant de l’autre et vice versa. Et alors on peut se poser la question
si en fin de compte la stratégie des dits islamistes n’est pas non seulement la
plus payante par neutralisation du danger potentiel représenté par les
populations musulmanes d’Occident mais aussi étrangement coïncidente avec celle
des tenants de la globalisation ultra-libérale.
En effet :
les populations musulmanes occidentales évoluant dans un contexte hors-islam,
elles sont potentiellement le meilleur vecteur de changement, d’évolution, de
réforme, etc…(choix du terme laissé au lecteur) de l’islam religion et par
effet de l’Islam civilisation : à nouveau nous avons interpénétration des
intérêts des dits islamistes et des tenants de la globalisation ultra-libérale
(choix alternatif au soin du lecteur) : puisque la neutralisation du
danger potentiel représenté par les musulmans d’Occident entrave d’un l’évolution
du monde musulman, et donc deux en favorisant le statu quo et laissant hors-jeu
le monde musulman n’entrave pas le terra-forming global auquel nous assistons
jour après jour.
D’où un
questionnement légitime sur les rapports ambigus entre tenants de la
globalisation ultra-libérale et mouvances islamistes ou pétro-monarchies du Golfe :
l’islamisme radical évoluant comme un poisson dans l’eau : servant atant
les intérêts des islamistes que ceux de la stratégie US : le monde
musulman et les masses musulmanes n’étant plus que spectateurs et souvent
victimes. Un partage façon Yalta : à nous le gouvernement des esprits
musulmans, à vous celui du Monde ?