Vous avez
parfaitement raison Dom. C’est d’ailleurs ce que défend Junon MONETA sur son
site Alter-Europa ou sur son groupe
de discussion Europe&Euro
en signant tout ses articles par cette phrase : « Pour une Autre
Europe… Et (bien sûr) pour un Autre Euro… »
Mais
comment faire, alors que nos Eurocrates restent sourds, muets et
aveugles ? Et qu’ils continuent à écouter le chant de stryges de la Haute Finance ???
La
sécession et la récession sont un passage obligé pour bousculer l’idéologie occidentale
et ses représentants autocrates à l’empreinte écologique 40 fois supérieure au
Burkinabé !
Les échecs de
l’autorégulation du libéralisme et de la planification du socialisme ont
confirmé que d’un point de vue anthropologique nous ne sommes pas seulement des
êtres de besoin, mais aussi de désir et d’angoisse. L’énergie du désir est sans
commune mesure avec celle du besoin et, seule, nous permet, au sens propre et
au sens figuré, de déplacer des montagnes. Si on place ce désir dans l’ordre
de l’avoir, cela va engendrer une situation de rareté artificielle considérable
entretenue par le fait que le désir de richesse ou de pouvoir des uns ne peut
se réaliser qu’au détriment de celui des autres. [Patrick
VIVERET, Sortir du mode de l’avoir]
Ci-dessous, extrait du document Transition
Ecologique et transition économique : Quels fondements pour la pensée ? Quelles
tâches pour l’action ?
Une si fragile
« souveraineté »
2.2 Dans
nos esprits modernes, l’idée de souveraineté est étroitement liée à deux lieux
communs : le marché globalisé et la démocratie de grande échelle. Souveraineté
économique du consommateur et souveraineté politique du citoyen se combinent
étroitement au sein de nos pseudo—‐démocraties capitalistes. Émerge la
figure d’un citoyen acheteur, qui attend d’un État central la protection de son
revenu.
2.3. Certes,
nous n’irons pas jusqu’à prétendre que le pouvoir politique se soit
complètement dilué dans l’économique. Rien n’est moins vrai. Nous votons, nous
exerçons bon an, mal an nos responsabilités de citoyens. Cependant, il est
frappant de voir que le gros de nos revendications à l’égard de nos dirigeants
concerne notre pouvoir d’achat. Exercer le pouvoir politique, c’est essayer de
canaliser vers l’électeur un maximum de pouvoir d’achat, c’est-à-dire de
ressources réelles accessibles grâce à un revenu monétaire. Actuellement, la
souveraineté politique concerne (en grande partie) la maximisation de la
souveraineté du consommateur, c’est-à-dire la possibilité pour un maximum de
détenteurs de revenus d’accéder aux biens que le marché mondialisé peut lui
offrir.
2.4. Citoyens
du monde, nous le sommes avant tout à travers notre compte en banque qui, à
condition d’être suffisamment fourni, nous permet d’accéder à la vaste «
tuyauterie » des échanges économiques mondiaux. Citoyens de nos pays, nous le
sommes surtout à travers nos demandes, adressées à nos élus, de pouvoir être
protégés contre tout ce qui pourrait amoindrir notre accès – littéralement 24
heures sur 24 – à cette « tuyauterie ». Nous, citoyens acheteurs, avons à notre
disposition les services d’une planète entière, qui « tourne » sans cesse afin
qu’avions et camions puissent livrer en temps et heure les divers points de
vente, où chacun d’entre nous se rend aveuglément après son travail. Même quand
on croit être conscient de la « mondialisation » et de la « globalisation », on ne
se figure probablement pas toujours l’inouï grouillement d’activité et
d’affairement par lequel des personnes, sur toute la planète, se consacrent
sans discontinuer à acheminer des lieux de production aux lieux de consommation
les innombrables denrées que notre carte de paiement ou de crédit nous permet
d’acquérir en un ou deux « clics ». La roue des affaires tourne sans une
milliseconde de répit, à en donner le vertige à qui en prend vraiment
conscience.
2.5 Cette
économie globalisée qui « ne dort jamais » fait éminemment partie de notre
souveraineté de citoyens-acheteurs, à un point que nous ne soupçonnons même
plus. A chaque instant de chaque heure de chaque journée, notre argent, nos
réseaux de transports et nos traités commerciaux nous assurent l’accès à la Grande Tuyauterie,
au grand réseau de « productoducs » plus ou moins virtuels qui – à l’instar des
oléoducs et des gazoducs – quadrillent chaque parcelle de notre planète. L’expérience
de ne pas trouver, dans le rayon habituel de notre supermarché ou de notre
épicerie, l’inévitable paquet de pâtes s’apparente à celle de l’Inca se
réveillant pour constater que le soleil, ce matin, ne s’est pas levé. C’est
comme la fin du monde. Superbement souverains, nous n’osons y croire. Plusieurs
siècles de commerce et de consolidation du capitalisme ont, semble-t-il, rendu
notre approvisionnement local aussi inévitable que la course du soleil sur
l’horizon.