N’est-ce pas un peu too much, cette vision de la propagande ? Je ne suis, à la base, pas d’accord avec la définition qui en est donné. L’influence qu’on cherche à exercer est inhérente à tout acte de communication. Chaque parole prononcée a vocation à être écoutée et entendue, tout dépend du contenu qu’on y met, et de la forme du dialogue qui s’engage, mais surtout de la finalité de ce discours !
Je pense que l’esprit de propagande porte plutôt sur un type d’influence particulier, qui a pour but d’étouffer le travail de réflexion, car c’est le plus dangereux de tous, celui où le citoyen est le plus souverain, et il est donc le plus à même d’être défavorables à certaines idées. Comportez-vous en abrutis, ne réfléchissez pas et tout ira bien ! Faîtes-moi confiance ! N’ayez pas peur ! C’est là le point commun avec les dictatures.
Ce n’est pas au sens propre la définition de propagande, qui est plus proche de celle que tu donnes. Mais n’est-ce pas l’acception qui nous intéresse ?
La propagande n’est pas un dialogue, elle cherche à forcer en détournant du travail de réflexion. Il existe de nombreuses formes de propagande. Celle que tu cites est la plus efficace : taper plus bas que la pensée, au niveau des émotions (peur, attrait), en rassurant (« Je vous protège ») ou en dissuadant (« Si vous ne votez pas Oui au TCE, vous risquez de vous brouiller avec les autres pays européens »). Mais il y a aussi celle qui oriente les réponses au point de les dicter (« Voici LE pacte écologique, c’est à prendre ou à laisser, vous acceptez ou vous refusez ? »). Ou bien encore celle qui cherche à étouffer dans une réflexion plus avancée qui semble difficile à appréhender, qui nécessite un effort pour répondre (genre « Le communisme est supérieur au capitalisme »).
Si je ne suis pas d’accord donc avec la définition, je suis d’accord avec la conclusion. Sarko et Royal ne cherchent pas à faire naître la réflexion, mais s’adressent volontiers aux peurs (l’Europe, la sécurité) ou séduisent (« je suis une femme »), pour éviter que le citoyen ne réfléchisse et ne parte dans des directions critiques. Ce dont ils ont tout à craindre, étant donné la faiblesse et l’incohérence de leurs programmes respectifs, qui sont en réalité coincés entre libéralisme et acquis sociaux / corporatismes pour l’un (Sarko), et social et libéralisme pour l’autre (où ça coince d’ailleurs beaucoup plus à mon avis). Moins on parle des programmes, mieux ils se portent !
Ils font tout pour que nous n’en venions pas à ce sujet central, conflictuel par essence, qui consiste à trouver des solutions capables de concilier économie et social. Ils font tout pour ne pas parler du chômage en fait. Car c’est la racine du mal.
Je ne cherche pas à les excuser, mais croyez-vous qu’ils puissent faire autre chose « d’utile » en attendant que le temps passe ? Nous sommes trop loin de l’élection pour parler programme (voire même ils ne sont pas prêt, c’est le cas de Ségo), mais il faut occuper le terrain ! Alors ... parlons d’autre chose qui rapporte des voix ! Par la faute des médias, qui se précipitent sur le sujet car il passionne plus, par la faute de l’enjeu, qui est celui d’élire le monarque républicain de notre pays, et probablement par la faute de tout les politiques, l’attention se détournant des questions plus concrètes, immédiates et difficiles