Toujours aussi incapable de pondre un papier correct, la pétasse du FN, sinon de commenter d’autres papiers c’est bien commode, et bien sûr elle n’est intéressée que par ce qui peut apporter de l’eau à son moulin (squatté par ses copains fafs)...Mais voilà un début de témoignage que j’ai piqué sur Rue 89 et qui apporte un autre son de cloche :
http://www.rue89.com/2010/07/21/grenoble-encore-faut-il-savoir-de-quels-jeunes-on-parle-159451
"J’habite La
Villeneuve depuis plus de vingt ans. Je
ne vais pas me lancer dans un débat sur les problèmes de fond, juste revenir
sur ce qui s’est passé vendredi dernier.
Car j’ai
passé une bonne partie de la nuit de lundi à mardi (de 23 heures à 2 heures du
matin) à aller à la rencontre des rares habitants et jeunes qui se trouvaient
en bas des coursives.
J’ai
notamment longuement échangé avec un groupe de jeunes d’une vingtaine d’années,
qui n’avaient pas l’air de voyous surexcités. Je les ai trouvés abattus.
Ce qu’ils
semblent dénoncer, ce sont d’abord les conditions dans lesquelles serait mort
Karim Boudouda : pour eux, la thèse de la légitime défense ne tient pas, le
jeune homme était à terre à côté du véhicule ayant servi au braquage, une balle
dans le pied, incapable de fuir, tandis que son complice s’était enfui. Aucune
sommation n’aurait été faite avant le deuxième coup de feu, mortel celui-ci.
Ensuite,
ils dénoncent l’attitude des policiers de la BAC, seuls présents sur les lieux
à ce moment-là, à l’encontre des jeunes accourus sur le lieu du drame, les
tenant en respect avec leur arme, les abreuvant de propos racistes et
xénophobes et les menaçant de subir le même sort.
Ces propos
auraient aussi été entendus depuis les fenêtres de l’immeuble par des habitants
d’une cinquantaine d’années, donc n’ayant rien à voir avec ces jeunes.
Il
semblerait que la BAC ait refusé l’accès au Samu. Le corps aurait été laissé au
sol plusieurs heures sans même qu’on n’ait pris la peine de le recouvrir d’un
drap ou d’une couverture.
C’est cette
attitude irrespectueuse de la BAC que dénonçaient surtout les jeunes avec qui
j’ai parlé.
Je connais
un peu les méthodes de la BAC sur le quartier pour les avoir vus de mes propres
yeux circuler en voiture il y a quelques années, époque où les contrôles
d’identité étaient incessants, vitres ouvertes, insultant les jeunes et leur
faisant un doigt d’honneur.
Quelle
réponse à des provocations ?
Est-ce
ainsi que l’on doit se comporter en réponse aux provocations de jeunes voyous ?
Je précise
que je condamne fermement l’attitude de ces jeunes, rien ne justifiait un tel
déferlement de violence, rien ne doit l’excuser. Les auteurs de ces exactions
doivent être fermement condamnés. Je ne prends pas non plus pour argent
comptant tout ce qu’ils m’ont dit, n’ayant pas assisté au drame.
J’utilise
le conditionnel pour retranscrire leurs propos.
Je voudrais
seulement que l’enquête nous dise ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Y
a-il eu, oui ou non, légitime défense ? Le Samu a-t-il été empêché d’intervenir
? Est-il possible de faire témoigner les personnes qui disent avoir assisté à
des exactions de la part des policiers de la BAC ?
Je
comprends que ces derniers fassent un travail difficile et dangereux, qu’ils
puissent être excédés par les provocations des jeunes et les tirs à balles
réelles qu’ils essuient. Seulement, ce sont tous des volontaires, ils sont
formés et payés pour ce type d’interventions.
Ils sont là
pour garantir la sécurité publique et pas pour attiser la haine.
Je déplore
comme beaucoup la disparition de la police de proximité sur le quartier. Sa
présence avait au moins le mérite d’instaurer un semblant de dialogue, chacun
se connaissant et … se reconnaissant.
Aujourd’hui,
la rupture entre les jeunes et la police est installée durablement, hélas.
Les jeunes
avec qui j’ai discuté déplorent l’attitude de certains médias, venus juste pour
faire du « sensationnel » mais se disent prêts à dialoguer avec des
journalistes vraiment désireux de les écouter et de faire un sérieux travail
d’investigation. Il faut cesser d’avoir peur d’eux aussi.
Enfin, je
dénonce la façon dont nous, habitants, avons été traités avec la présence d’un
hélico extrêmement bruyant projetant son énorme projecteur sur les vitres de
nos appartements, empêchant tout le monde de dormir pendant plusieurs jours
d’affilée.
La
Villeneuve souffrait d’une très mauvaise réputation, aujourd’hui c’est pire.
Nous ne supportons plus d’être assimilés à des criminels -surtout les jeunes
dont la grande majorité est tranquille-, que l’image de ce quartier soit
caricaturée à ce point par les médias.. Seuls une infime poignée d’individus
déstructurés empoisonnent notre quotidien."
