Un article qui se
voudrait assez intelligent pour mener le lecteur à des conclusions anti-FN tout
en prétendant être totalement neutre, le laissant par lui-même, mais
malheureusement pour l’auteur la mascarade est trop évidente. Beaucoup d’affirmations,
des jugements de valeur, des références abusives au nazisme, aucune source des « preuves »
citée etc...
Quelques
commentaires ci-dessous.
Du côté du constat, il y
a des chiffrages dont on ne sait la provenance (notamment« le montant du
déficit annuel dû à l’immigration » et une confusion volontaire entre
immigration clandestine et immigration légale, ou entre étrangers et immigrés.
De tels calculs ont été réalisés, notamment par Pierre Milloz, et c’est sur
les rapports remis par celui-ci que le FN s’appuie. En 1990 il publie un
premier rapport intitulé « le Coût de l´immigration » qui évalue à 211
milliards de francs le coût des étrangers (au sens administratif du terme)
installés en France, pour la seule année 1989. En 1997 il récidive en publiant
une réactualisation de ses travaux prenant en compte l´année 1995280 Milliards de Francs soit 42 milliards d’euro.
Yves-Marie Laulan, président de l’Institut de géopolitique des populations,
estime lui que, fin 2005, le coût de l’immigration comprenant tous les droits
acquis en terme de prestations d’éducation, de logement, de santé, de lutte
contre la délinquance, s’élève à 36 milliards d’euros par an. Soit 80% du
déficit public, 13,5% des dépenses publiques, 3,5 fois le « trou » de la Sécu, 2
fois de budget de la recherche et de l’enseignement supérieur, 87% du budget de
la défense.
Gérard Pince, ancien expert financier auprès de grands organismes
internationaux comme la Banque mondiale et le FMI, a publié une étude dans le
magazine Monde & Vie dans laquelle il estime que, au niveau du Produit
Intérieur brut, les caractéristiques socioéconomiques de l’immigration des pays
tiers entraînent en 2004 une moins-value de 67 milliards d’euros, ce qui
représente annuellement une perte de 1100 euros par habitant et de 4400 euros
pour une famille de 4 personnes.
Le coût de l´immigration en France est donc estimé entre 36 milliards
D´euros et 67 milliards d´Euro par ans, les chifres variant suivant les années
et suivant les méthodes de calcul. Cela représente public.
Dans les incohérences intellectuelles, il est dit qu’il est absolument
impossible d’obtenir des statistiques ethniques (c’est en effet interdit) mais il réussit quand même à en
fournir (par quel moyen ?), notamment le pourcentage de la population
d’origine immigrée en milieu carcéral.
Le Washington Post a suivi Hassan El-Alaoui Talibi, aumônier carcéral
à la prison de Lille-Sequedin, pour son article du 29 avril 2008 consacré à
l’islam carcéral en France. Le Washington Post écrit : la prison de
Lille-Sequedin "est majoritairement musulmane - de même que pratiquement
toutes les maisons d’arrêt en France. Environ 60 à 70% des détenus du système
pénitentiaire français sont musulmans, selon des responsables musulmans, des
sociologues et des chercheurs, bien que les musulmans ne représentent
qu’environ 12% de la population du pays« , et encore »beaucoup de
musulmans détenus dans cette prison, située à l’ouest de Lille, sont les
enfants et petits-enfants d’immigrants qui sont arrivés dans la région du Nord
il y a des décennies pour travailler dans les mines de charbon."
En 2005, 20minutes interrroge l’ aumônier musulman de la prison de Loos :
« aujourd’hui, en France, j’estime que la moitié des détenus ont une
culture musulmane, même s’ils ne pratiquent pas tous. Mais pour 186
établissements pénitentiaires, il n’y a que 65 aumôniers musulmans [contre 480
catholiques, ndlr]. Il faudrait doubler ce chiffre.”
Dans la rubrique arnaque intellectuelle : « 5%, c’est le taux
d’étrangers qui entrent en France avec un contrat de travail » pour en conclure aussitôt : « ce qui signifie
que 95% entrent sans », ce qui est une analyse
un peu simpliste, puisque beaucoup des étrangers qui entrent sur le territoire
national (74,2 millions en 2009) sont avant tout
de simples touristes, et il ne me viendrait pas à l’esprit de chercher un
contrat de travail sur mon lieu de villégiature à l’étranger.
Je ne vous pense pas stupide, et je conclue donc qu’il s’agit ici d’un cas
extrême de malhonnêteté intellectuelle. Les « entrées d’étrangers »
avec ou sans contrat de travail concernent évidemment les seuls immigrés et non
pas les touristes. Selon l’Insee 135 395 personnes ont immigré en France en
2003, dont 90 062 Africains, contre 123 477 en 2002. En décembre 2009, Eric
Besson a présenté son
bilan annuel selon lequel 173 991 titres de séjour ont été délivrés en 2009,
dont 74 008 pour regroupement familial, 50 669 étudiants, 10 864 réfugiés, 10
484 « autres », et 27 966 à titre professionnel soit 16% du total.
Notons que plus de 100 000 personnes sont naturalisées tous les ans, l’équivalent
d’une ville comme Rouen, Perpignan ou Nancy.